L'Observateur Paalga (Ouagadougou)

Burkina Faso: Centre de développement chorégraphique, une Termitière pour ajouter de la terre à la terre

« Si la termitière vit, c'est qu'elle ajoute de la terre à la terre », cette assertion de Me Frédéric Titinga Pacéré constitue le credo du Centre de développement chorégraphique (CDC), « La Termitière » qui a été inaugurée le samedi 16 décembre 2006 à Ouagadougou. Ce centre, dont les initiateurs sont Salia Sanou et Seydou Boro, a pour mission d'entreprendre des activités consacrées au développement de l'art chorégraphique.

Situé dans le quartier populaire de Samandin au secteur 7 de Ouagadougou, le CDC, La Termitière, occupe le site du Théâtre populaire qui couvre une superficie de 4500 m2 (inauguré le 29 juillet 1986 pendant la Révolution). C'est donc sur un site livré à l'abandon depuis plus de dix ans qu'est sortie de terre La Termitière.

Initié en 2000 par la compagnie Salia nï Seydou (société civile), le CDC n'a pu voir le jour qu'avec le soutien de l'Etat burkinabé (ministère en charge de la Culture et ministère des Finances), de la Coopération française (l'ambassade de France au Burkina), de la Commune de Ouagadougou.

En juillet 2005, l'Etat burkinabé, sur fonds de l'ambassade de France, amorce la réalisation d'une partie de la première phase du projet, à savoir la construction d'une salle de spectacle de 425 m2, la réfection d'un bloc administratif composé de neuf chambres et de deux bureaux.

L'inauguration du centre samedi dernier en marge des 6e rencontres chorégraphiques de Ouagadougou, Dialogues de corps, constitue un hommage à toute une génération de danseurs, a martelé le président du Conseil d'administration de l'établissement, Jacques Guégané.

Il remontera le fil de l'histoire pour affirmer que la danse contemporaine a véritablement démarré au Burkina Faso avec un certain Germain Nacogny qui recruta en 1978 de jeunes Burkinabè dont Irène Tassembédo pour une formation à Dakar. Puis s'en suivit une autre génération de chorégraphes dont Salia Sanou et Seydou Boro dont l'oeuvre est internationalement connue et reconnue.

Ces derniers ont, à l'occasion, été ovationnés pour avoir conçu un tel projet. Jacques Guégané indiquera que le présent édifice est un espace de création, d'échanges, de formation et de recherche pour des projets chorégraphiques d'artistes burkinabé et du monde entier.

L'ambassadeur de France au Burkina, François Glodblatt, a relevé que ce projet qui coûtera plus d'un milliard de FCFA, dont 400 millions de FCFA ont déjà permis d'ériger les présentes infrastructures. Il soulignera l'originalité du centre dont le mode de gestion a été cédé au monde associatif et artistique burkinabé pour un mandat de 3 ans.

Pour le diplomate français, c'est un défi lancé aux professionnels de ce pays. La réussite d'un tel projet, a-t-il ajouté, permettra d'asseoir progressivement une économie de la culture. Quant au ministre de la Culture, Aline Koala, elle a loué ce partenariat dynamique à plusieurs niveaux qui a permis de bâtir le CDC à l'image d'une termitière.

Face à ceux qui disent ne rien comprendre de la danse contemporaine, le ministre de la Culture, paraphrasant le célèbre jazziste américain Louis Armstrong, mentionnera que la meilleure façon de définir ou de comprendre cette danse, c'est de la vivre. Aline Koala a invité, par ailleurs, tous les artistes à fréquenter « La Termitière » pour ajouter de la terre à la terre.

A l'adresse des initiateurs et directeurs artistiques du centre, Salia Sanou et Seydou Boro, elle a insisté sur le fait qu'ils constituent une sève qui ne doit pas tarir en aucun cas, afin que le CDC puisse rayonner en tout temps.


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