Port Louis — Les fruits locaux risquent le plus de pâtir du manque d'eau, ce qui ne sera pas sans répercussions sur le porte-monnaie.
Qui dit pénurie d'eau, dit conséquences inévitables sur les cultures Si les marchés semblent toujours abonder en fruits et légumes ces jours-ci, les prix , eux, tiennent bel et bien compte de la sécheresse, et sont déjà à la hausse. Pour exemple, la livre de pomme d'amour qui était dans une fourchette de Rs 10 à Rs 12 est passée à quelque Rs 15 à Rs 18.
Les maraîchers, pour leur part, expliquent que les légumes souffrent du manque d'eau et que les prix vont continuer à augmenter dans les jours à venir. Durant ces trois derniers mois ceux-ci ont grimpé graduellement.
"A coz la sesres pri pom damour fin augmente ek lor stok ousi pa pou capave gard li pou lontem. Legim la gaté vite, li ena ban pwin oussi», explique un marchand ayant 35 ans de métier, devant son étal au bazar de Port-Louis. Et d'expliquer que les légumes récoltés auraient tendance à se détériorer pus rapidement en raison du manque d'eau. Les stocks ne peuvent donc pas être préservés comme à l'accoutumée.
Les légumes qui coûtent plus cher se vendent, eux, moins bien. Les maraîchers ont noté une baisse au niveau des affaires. «Travail pa pé marse couma bizin. Dimoune pa pé capave asté. Si nou mont pri zot pa pou capav aste ancor», affirme une maraîchère qui vend principalement des laitues. Ses produits qui se vendaient à Rs 5 l'unité, il n'y a pas si longtemps sont maintenant à Rs 20. Et il y a fort à parier qu'à ce prix, les consommateurs ne vont pas suivre
Si les pluies sont attendues, les grandes averses sont toutefois redoutées. Toutes les récoltes seraient gâchées, note un maraîcher puisque les légumes pourriraient. De même, les cyclones, s'ils rempliraient nos réservoirs, abîmeraient par la même occasion fruits et légumes. D'où une nouvelle flambée des prix.
Mais la situation actuelle n'est pas aussi alarmante, note Sylvain Cheung, Principal Extension Officer de l'Agricultural Research and Extension Unit (AREU) : «Bien évidemment les effets de la sécheresse se font sentir mais la situation dans les champs est relativement normale pour un mois de décembre.»
Côté fruits, l'impact de la sécheresse ne se fait sentir que sur les produits locaux. Une grande majorité des fruits vendus sont importés. Par conséquent, leurs revendeurs ne souffrent pas de la pénurie d'eau. Par rapport aux fruits locaux cependant, le manque d'eau ne tardera pas à faire frémir les porte-monnaie. Les mangues, fruits de saison se vendent entre Rs 15 et Rs 35 l'unité. Autre fruit saisonnier, le letchi se vend à Rs1 l'unité pour ceux de qualité inférieure et les prix montent jusqu'à Rs3 l'unité pour ceux qui sont plus mûrs et juteux. Le demi-kilo, quelques branches et feuilles incluses, porte des étiquettes variant entre Rs 50 et Rs 100.
À souligner cependant que les fruits actuellement sur les étals n'auront pas trop subi les effets néfastes de la sécheresse. Ceux qui sont actuellement en train de se développer seront les plus touchés. « Les fruits en vente se sont formés il y a quelques semaines. Mais le grossissement des petits fruits sur les arbres sera affecté par la sécheresse», explique Nirmala Ramburn, Principal Research Scientist à l'AREU.
Fruits et légumes sont pour le moment disponibles en grande quantité dans nos marchés. Même si la qualité laisse parfois à désirer. Les produits couramment en vente sont le résultat de la culture des semaines passées. Si la sécheresse perdure, les récoltes à venir ne seront, quant à elles, pas reluisantes.

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