Nicolas Atchiane
6 Janvier 2007
Port Louis — Cartes postales, chaussures, billets de banques. Tous les moyens sont utilisés par les barons de la drogue pour l'écoulement de leurs marchandises par voie postale. La nouvelle tendance se veut plus audacieuse. La preuve : la dernière saisie de l'Anti Drug and Smuggling Unit (Adsu) révèle qu'un vibromasseur a été utilisé pour faire entrer du haschisch.
En fait le colis, pour le moins inhabituel, intercepté mercredi par des douaniers à la Poste centrale, contenait trois vibromasseurs. Lors d'un contrôle effectué en présence des limiers de l'Adsu, il a été découvert que l'un d'entre eux contenait un gramme de haschisch. Ce n'est que quelques heures plus tard, que la brigade antidrogue a procédé à l'arrestation de celle qui s'est présentée à la poste pour prendre possession du colis.
Après son interrogatoire dans les locaux de l'Adsu, Marie-Paul Kelly L'enflé, 19 ans et habitant Vacoas, a été libérée sur parole le même jour. Elle a comparu en cour de Port-Louis, jeudi, sous une charge provisoire de possession de haschisch. Elle a été libérée après avoir fourni une caution de Rs 10 000.
Cette nouvelle méthode interpelle la vigilance de la police. Un haut gradé de l'Adsu fait remarquer que c'est une nouvelle stratégie employée par les passeurs. «Dans les années 80, les trafiquants de drogue dissimulaient leurs marchandises dans leurs bagages, dit-il, mais avec le renforcement de nos moyens de détection et les fouilles systématiques, ils ont été contraints à trouver d'autres astuces dont leurs estomacs Depuis peu, ils se servent d'objets qui passent inaperçus au comptoir de la douane, d'où le recours à la voie postale.»
Il rappelle que de la drogue, non détectée par des appareils, a déjà été retrouvée dans des cartes postales l'an dernier. Il indique aussi que ses limiers sont sur la piste d'un réseau de trafiquants opérant actuellement sur l'axe Maurice-Afrique - Kenya.
Le 24 octobre dernier, deux passeurs kenyans ont été interpellés pour possession de drogue. C'est la démarche claudicante de l'un d'eux qui avait mis la puce à l'oreille des éléments de l'Adsu. Rashidi Salim Bajiji et son complice, Onesmus Kinda Mvondi, avaient, dans leurs sandalettes, caché 800 grammes d'héroïne, d'une valeur de Rs 8 m, qu'ils s'apprêtaient à livrer à leur contact local. Les deux suspects étaient employés à bord d'un paquebot qui avait accosté Port-Louis deux jours plus tôt.
Le mode opératoire, selon ce haut gradé de l'Adsu, consiste à placer la commande par téléphone ou par Internet. C'était le cas pour une poudre soupçonnée d'être du Hallucinogenic magic mushroom containing Pscilocybine et qui a été saisie lors d'un contrôle à la Poste de Port-Louis, le 13 novembre. En tout, 750 grammes d'hallucinogènes (produits pharmacologiques provocants des hallucinations) avaient été retrouvés par les limiers de l'Adsu. Rajeev Toofany, réceptionniste d'hôtel de 21 ans et arrêté le même jour, avait avoué avoir reçu la commande par Internet.
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