M'bark Chbani
10 Janvier 2007
Le débat est à l'ordre du jour à Agadir.
C'est hier mardi que s'est ouvert le débat national sur l'eau au niveau du bassin Souss Massa à Agadir sous la présidence de Mohamed Elyazghi, ministre de l'Aménagement du territoire, de l'Eau et de l'Environnement. Ce débat qui se poursuivra aujourd'hui tentera de trouver des solutions plus efficaces à la pénurie d'eau dans la région. Source de vie, l'eau se raréfie de plus en plus dans le monde. Demain,les pays qui auront su la préserver, par une gestion rigoureuse de leurs ressources hydriques,seront à l'abri du besoin tandis que les autres se verront obligés de l'importer comme on le fait actuellement pour le pétrole dont les prix sont tributaires des fluctuations du marché mondial. Certains l'appellent déjà l'or blanc tellement sa valeur a augmenté.
Le Maroc, dont l'économie repose en très grande partie sur l'agriculture tributaire des aléas climatiques, s'est engagé depuis longtemps dans la voie de la préservation de ses ressources hydrauliques. La politique des barrages, suivie depuis des décennies, a permis à notre pays d'emmagasiner l'eau pour l'utiliser au besoin. Malheureusement, cela s'est avéré insuffisant parce qu'il fallait prendre d'autres mesures d'accompagnement s'inscrivant dans le long terme pour éviter une véritable catastrophe.
En effet, si la politique de construction de barrages devait initialement permettre d'irriguer 1 million d'hectares, aujourd'hui,c'est grâce à elle que plusieurs villes sont approvisionnées en eau potable. Mais la production de celle-ci revient de plus en plus cher,d'où la prise de certaines mesures pour inviter la population à l'économiser :Campagnes de sensibilisation de grande envergure, instauration de trois tranches de consommation
Mais c'est en agriculture que la situation est devenue critique, car des décennies de gaspillage et d'irrigation par le mode gravitaire sans aucun souci d'économie de l'eau, ont fini par conduire à une vrai catastrophe.
Dans la Région Souss Massa-Drâa, où se tient depuis hier le débat engagé au niveau des bassins hydrauliques, le cas de la région de Sebt El Guerdane est des plus significatifs. Autrefois véritable fleuron de l'agrumiculture dans le Souss, cette région est aujourd'hui une zone sinistrée où plusieurs fermes ont été abandonnées faute d'eau et où dans d'autres les superficies cultivées ont été réduites par l'arrachage d'orangers en phase de production qu'on a livrés aux charbonniers du coin.
Voilà donc où on en est arrivé dans le Souss, et cela ne se limite pas uniquement à cette région puisque d'autres sont menacées à leur tour si l'on ne fait rien. Ce débat national sur l'eau devrait donc permettre le renouvellement de la politique de l'Etat en la matière, et ce, afin de permettre l'approvisionnement en eau du pays dans les meilleures conditions possibles et d'une manière efficiente et durable. Cela devrait aussi permettre d'accorder la priorité à la préservation de la qualité et la lutte contre la pollution,la valorisation des ressources en eau et la promotion de leur bonne utilisation, la préservation des eaux souterraines, la protection des bassins versants et la lutte contre l'érosion.
C'est pour cela qu'un débat serein et responsable et un engagement de tous les acteurs constituent, aujourd'hui, un devoir national, car l' avenir de l'eau est l'affaire de tous.
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