Chokri Gharbi
13 Janvier 2007
Rattraper le retard à la faveur d'une nouvelle stratégie.
En Tunisie, l'on compte 250 sites de commerce électronique sur un ensemble de 4.566 sites en ligne. L'année dernière, la valeur des transactions pour les dépenses électroniques internes a été de 14.190 MD, soit une multiplication par 7 par rapport à 2005
Le commerce électronique en Tunisie n'est pas encore très bien développé malgré les efforts consentis par les autorités compétentes pour favoriser ce genre de commerce dont les avantages ne sont plus à démontrer. Quelques entreprises tunisiennes ont jugé opportun de donner l'occasion aux consommateurs d'acheter en ligne en payant par la monnaie électronique, le e-dinar. D'autres préfèrent exposer seulement leurs produits sur leur portail mais pas question d'acheter en ligne ! Dans les pays développés, le commerce électronique est banalisé et une grande partie de la population effectue ses achats à travers le net sans problème.
Il suffit de choisir son produit figurant sur une liste ou sur un catalogue en ligne, de remplir les champs d'un formulaire avant d'être dirigé vers un système de paiement sécurisé relevant d'une banque. Le consommateur n'a alors qu'à fournir les informations de sa carte bancaire et le tour est joué. En un rien de temps et à partir de son fauteuil, le consommateur est ainsi en mesure de visiter des centaines de sites marchands, de choisir en toute liberté avant de régler ses achats.
Quelques jours après, il reçoit son produit par les services de la Poste, dont le coût est compris dans le prix global, sans perdre de temps. Dans ces pays, les consommateurs n'utilisent pas, cependant, une monnaie locale mais une carte de paiement en devises internationale (Visa, Mastercard, American Express ) pour payer en euros ou en dollars. En France, par exemple, certaines boutiques offrent aussi la possibilité aux clients de récupérer leurs produits à partir de l'un des points de vente, ce qui permet d'économiser le coût du transport ou d'envoi qui est calculé en fonction du poids.
La propagation de la culture numérique
En Tunisie, l'on compte 250 sites de commerces électroniques sur un ensemble de 4.566 sites en ligne. Au mois d'octobre 2006, les transactions d'exportation réalisées à travers le commerce électronique ont été d'une valeur de 6,717 MD contre 0,748 MD l'année précédente. L'année dernière, la valeur des transactions pour les dépenses électroniques internes a été de 14,190 MD, soit une multiplication par 7 par rapport à 2005, et ce, grâce notamment aux revenus des inscriptions universitaires à distance dont le nombre a atteint 200 mille.
Le ministère du Commerce et de l'Artisanat dispose d'une stratégie pour promouvoir le commerce électronique dont l'objectif est de promouvoir les transactions commerciales électroniques, permettant ainsi aux entreprises tunisiennes d'utiliser les moyens numériques performants dans le cadre d'une économie développée. Elles sont ainsi en mesure de fournir des prestations électroniques à caractère commercial.
Il est donc nécessaire de poursuivre la mise en place des éléments permettant de promouvoir un tel commerce. La sensibilisation et la propagation de la culture numérique au niveau des entreprises économiques avec la participation des structures de la société civile demeurent essentiels. Il s'agit aussi de collaborer davantage avec l'Université tunisienne en vue d'améliorer les programmes de formation dans les technologies de l'information, de la communication, du commerce et des affaires en tenant compte du domaine électronique.
Ladite stratégie vise aussi à activer la veille technologique et à définir les développements de l'économie électronique en faisant participer la presse spécialisée dans les technologies de l'information et de la communication et de l'économie immatérielle et en échangeant les études et les statistiques dans ce domaine. On souhaite favoriser, de même, les contrats-programmes avec les partenaires étrangers en vue de s'inspirer de leurs expériences dans le commerce électronique et l'économie immatérielle et de bénéficier de leur assistance technique.
Parachever le cadre juridique
Les entreprises devraient, de leur côté, adopter davantage le commerce électronique dans le cadre des programmes de mise à niveau industriel et du fonds d'accès aux marchés extérieurs. Elles seraient d'ailleurs soutenues pour créer des projets performants accessibles sur le web pour concrétiser le développement du commerce électronique dans le cadre des programmes de promotion des exportations. Le souci des autorités compétentes est aussi de parachever le cadre juridique pour favoriser ce genre de commerce.
Parmi les projets prévus, citons le projet de création d'un réseau de services à valeur ajoutée « Tunicommerce » pour relier tous les industriels adhérents au système de code à barres aux grandes surfaces, ce qui va maîtriser les circuits de distribution. Un autre projet non moins important consiste à mettre en ligne un portail de commerce électronique en collaboration avec l'Ecole supérieure du commerce électronique. Ce portail comporte le guide du promoteur d'un projet de commerce électronique, un guide législatif D'autres guides sont destinés aux vendeurs et aux acheteurs.
Un programme de dynamisation des transactions commerciales dans les entreprises publiques a d'ailleurs concerné 40 entreprises. Parmi les structures publiques qui ont intégré ces nouvelles technologies, on trouve l'Agence technique de transport terrestre qui a mis en place un portail où il est possible de s'inscrire pour les examens de permis de conduire. Les consommateurs peuvent payer aujourd'hui les factures à distance sans être obligés de perdre un temps d'attente important. Aussi, une unité chargée du commerce électronique a été créée au sein du Centre de promotion des exportations.
A la faveur de la nouvelle stratégie, l'on espère que le commerce électronique, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur, soit développé davantage en intégrant le paiement électronique dans d'autres portails déjà en ligne ou en en créant d'autres. Les opérateurs économiques trouvent le soutien nécessaire pour favoriser la vente à distance.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2007 La Presse. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.