La Tribune (Algiers)

Algérie: Mouvement de protestation dans les lycées techniques

Karima Mokrani

17 Janvier 2007


Le ministère de l'éducation n'a pas reçu la délégation des enseignants

L'appel de la Coordination nationale des lycées techniques et des technicums (CNLTT) à une journée de protestation nationale contre «le démantèlement de l'enseignement technique en Algérie» a eu un écho favorable auprès des enseignants. En effet, un grand nombre de lycées techniques étaient hier en grève, à travers le pays, sauf dans les wilayas où l'information n'a pas bien circulé et où les enseignants ne se sont pas encore organisés. A Alger, le taux de suivi du mouvement a largement dépassé les 90%.

Du lycée Ibn El Haïthem (Rouisseau) au technicum de Bir Khadem, à celui d'El Biar jusqu'au Commandant Nahnah à Réghaïa et Souassi à Rouiba ce sont pratiquement tous les enseignants du technique qui ont fait grève. Seuls les contractuels et les vacataires ont assuré des cours. «C'est tout à fait normal. Il s'agit d'un problème qui nous concerne tous», affirme un gréviste. Dans les autres wilayas, certaines ont enregistré des taux de suivi assez élevés, d'autres moins. Le manque d'information en serait la cause. «Nous sommes au début de notre mouvement. Nous devons être présents dans toutes les wilayas pour être efficaces. Ce qui n'est pas encore le cas. Il nous faut du temps pour y arriver», explique un membre de la CNLTT.

Les enseignants du technique n'étaient pas seuls dans leur action de protestation. D'autres de l'enseignement général ont également suivi le mouvement, en guise de solidarité mais à un taux nettement inférieur. «Certains ont fait grève, d'autres non Ceux qui ont fait grève ne sont pas tellement nombreux», affirment des élèves à la sortie de leurs établissements respectifs à Alger. Par ailleurs, une délégation de la CNLTT s'est rendue hier, aux environs de 11 heures, au siège du ministère de l'Education nationale dans l'espoir d'être reçue par le ministre ou un de ses collaborateurs. Négatif.

Ni le ministre ni un autre responsable n'a daigné répondre à la requête des enseignants.

Après deux heures d'attente, les membres de la délégation ont déposé une lettre ouverte, avec des documents qui expliquent les raisons de leur rejet de la nouvelle structuration de l'enseignement technique.

La Coordination nationale des lycées techniques et des technicums est décidée à ne pas en rester là. Une deuxième rencontre nationale est prévue dans deux semaines pour débattre des démarches à entreprendre. Les enseignants du technique menacent de durcir le ton si le ministre continue d'ignorer leurs doléances.

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