Ils passent la nuit, par centaines, à la belle étoile. Avec des températures très basses, ils frisent la catastrophe. Dimanche dernier, un jeune Sénégalais a failli mettre fin à ses jours. A défaut d'une intervention urgente, on en reparlera certainement.
Plusieurs migrants d'origine subsaharienne ont pu regagner la capitale, en provenance d'Oujda ces derniers jours. Ils ont fait récemment l'objet de mesures de refoulement arbitraire de la part des autorités à la fin de l'année 2006. En présentant des papiers justifiant leur présence légale au Maroc, ils peuvent reprendre le chemin de retour vers Rabat. Leur refoulement était une grande erreur, avaient déploré les organisations marocaines des droits de l'Homme, en violation avec le respect de la loi. Le Maroc est signataire de la Convention de Genève de 1951 et la loi marocaine, notamment celle relative à l'immigration 02-03 qui permet à un demandeur d'asile de résider au Maroc jusqu'à ce qu'on statue sur son cas.
En effet, Libé et d'autres organes de presse avaient mis en garde contre l'expulsion arbitraire des demandeurs d'asile et de réfugiés, en donnant même des cas nominatifs de personnes disposant de documents leur permettant de résider légalement au Maroc.
Actuellement, la police d'Oujda vérifie toujours les papiers d'identité des personnes d'origine subsaharienne et laisse circuler librement tout Subsaharien présentant les documents requis. A quoi pourrait-on imputer cette attitude sélective parmi les migrants? Les observateurs attribuent ce geste à la volonté de rattrapage de la part des autorités, surtout que les personnes refoulées à la frontière maroco-algérienne parviennent à 99% à retrouver le campus universitaire d'Oujda, l'une des bases-arrière des migrants et l'un des points de départ vers de nouvelles destinations.
Actuellement, ils sont encore nombreux à y dormir en plein air. Le pire est que le désespoir commence à gagner quelques-uns parmi les migrants. Si la presse nationale avait relayé l'information selon laquelle deux femmes migrantes avaient fait l'objet de viols, et que l'une d'elle avait perdu, à cause de cela, son foetus à l'hôpital d'Oujda. Ce n'est que dimanche que ce drame allait se terminer sur une tentative de suicide. Un jeune Sénégalais âgé de 21 ans a voulu se donner la mort entre 17h et 18h en tenant de se pendre au moyen d'une ceinture qu'il a accrochée à une branche d'arbre. Heureusement, de l'un de ses camarades qui l'a vu, a vite appelé au secours.
Selon des rapports de sources associatives d'Oujda, ce jeune Sénégalais s'ajoute à plusieurs migrants ayant perdu «espoir», ne peuvent plus supporter le poids de ce drame humain qui doit être traité selon les règles de droits de l'Homme.

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