Abdelmajid Bouslim
17 Janvier 2007
Seuls les clubs de football nantis comptent dans leurs staffs des médecins du sport.
Malgré une multitude de problèmes qui ont entaché nos stades dernièrement, rien ne semble être au point dans le domaine de la médecine du sport dans notre pays. Cela ne veut pas dire que les médecins n'ont pas fait leur devoir en tirant à maintes reprises la sonnette d'alarme.
Dans ce sens, plusieurs conférences, tables rondes et des congrès, ont été organisés, avec la participation de toutes les parties prenantes, pour une prise de conscience des décideurs du sport national.
Cependant jusqu'à ces jours, aucune amélioration n'a été faite par les responsables. C'est ainsi qu'on remarque chaque dimanche dans la plupart de nos stades, l'absence de l'assistance médicale, c'est-à-dire une ambulance équipée par du matériel adéquat de réanimation (oxygène, respirateur, défibrilateur, matériel d'intubation) et tous les médicaments nécessaires pour pouvoir sauver à temps des blessés qui se font de plus en plus nombreux dans nos stades et ce, toutes disciplines confondues.
A part la présence de certains médecins de clubs nantis, les autres équipes souffrent du manque de toubibs indispensables à toute rencontre sportive. Il est rare de constater l'existence réelle d'un réanimateur pourtant obligatoire, conformément aux principes de la médecine sportive.
Pour bénéficier de l'assistance médicale, il faut que les clubs du Groupement national de football élite, dans ses deux divisions sans parler des amateurs, adressent le programme au moins 72 heures avant le rendez-vous de la compétition aux préfectures et aux wilayas. C'est là aussi que débute le système bureaucratique des pouvoirs publics.
Ces instances vont adresser à leur tour des messages aux délégués du ministère de la Santé de leurs arrondissements pour les prévenir de dépêcher l'assistance médicale aux lieux de la compétition. Une fois enfin arrivées, les personnes chargées de cette mission ne doivent sous aucun prétexte rester éloignées du champ de jeu. Bien au contraire, elles doivent se manifester sur la pelouse dans le but d'intervenir le plus rapidement possible.
Les secouristes même sur place ne disposent pas dans la plupart des cas, de moyensadéquats pour venir en aide aux joueurs blessés. Il suffit de les voir utiliser des moyens de fortune pour les dégager.
Au moment où l'on parle de mise à niveau du football national, il urge donc de remédier à cette situation et à obliger les clubs, conformément au cahier de charges, d'avoir dans leurs staffs respectifs des médecins contractuels. Un médecin, ce n'est pas un luxe, mais c'est une nécessité.
On ne peut clore ce chapitre sans signaler qu'à la fin du match disputé au stade Hassan II de Fès opposant le MAS au Raja, le joueur du MAS Rahmani, alias Faracha, a avalé sa prothèse dentaire. Une fin de match qui aurait pu tourner au drame si ce n'était la vigilance du médecin du club fassi qui a sauvé son joueur in extremis.
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