Port Louis — Le rêve est passé. Le Stade de Reims, qui s'est un instant vu plus beau qu'il ne l'était, ne jouera pas la finale de la Coupe de la Ligue, tremplin espéré vers la renaissance d'un club dont le passé, mythique à bien des égards, hante encore les esprits.
Bordeaux, qui lui rendait visite au stade Auguste-Delaune mardi, dans le cadre d'une demi-finale que les médias français n'ont pas manqué de surexploiter, s'est montré indifférent au voeu populaire. Un voeu qui, évidemment, envoyait le vieux club champenois au Stade de France le 31 mars prochain.
Les Girondins, mieux organisés, plus rodés, mais, avouons-le, ennuyeux à voir jouer, n'ont jamais eu le temps de douter face à leur adversaire de Ligue 2, qu'ils ont battu plus facilement que ne l'indique le score, 2-1.
L'échec de Reims, symbolique, ramène ses supporters - on en trouve encore quelques-uns à Maurice - à une cruelle et triste réalité : en football, on ne renaît que très rarement de ses cendres.
En Angleterre, des clubs au passé aussi prestigieux qu'Huddersfield, Burnley ou Nottingham Forest, pour ne citer que quelques exemples, ont longtemps essayé, au prix de bien des sacrifices, notamment financiers, de retrouver le chemin de la lumière. Mais, parce qu'on ne réécrit pas deux fois la même histoire, le combat était perdu d'avance.
Un jour peut-être, Reims, huitième de Ligue 2, retrouvera une élite qu'elle n'aurait pas dû avoir quittée. Mais, comme Saint-Étienne, le vieux Stade y noiera très vite ses illusions, le poids du passé étant trop lourd à porter.
Il restera alors les souvenirs, que les plus anciens cultiveront avec délicatesse. Les cinq titres de champion de France, les deux finales de Coupe d'Europe, perdues contre le Real Madrid. C'était la bande à Just Fontaine, à Raymond Kopa. C'était l'équipe à papa.
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