L'Algérie se retrouve au centre des préoccupations européennes. Les 27 pays de l'UE comme ceux de l'ancien empire soviétique regardent et sollicitent Alger.
La dépendance énergétique de l'Europe est devenue un sujet d'inquiétude pour nombre de pays depuis que la Russie a repris en main ses gisements gaziers et a décidé d'une nouvelle politique des prix envers ses anciens alliés.
L'avenir énergétique de la planète s'oriente vers la consommation de gaz et d'électricité en provenance de centrales nucléaires. C'est sur le plan gazier que l'Algérie intéresse les Européens. La sollicitude dont font preuve les Français, les Italiens, les Espagnols et dernièrement les Polonais est liée à cette dépendance au gaz en attendant une libération nucléarisée.
Cette tempête gazière qui souffle sur l'Europe est une occasion unique pour l'Algérie de faire valoir ses atouts. Chakib Khelil, en fin tacticien, en profite pour expliquer que la production algérienne ne saurait suffire à elle seule à alimenter tous les pays européens. Il saisit chaque occasion pour pousser les pays consommateurs de gaz à investir dans l'un des projets les plus importants du Nepad, à savoir le gazoduc qui doit relier le Nigeria à l'Algérie.
Les atouts gaziers de notre pays ne doivent pas nous faire oublier notre dépendance économique. L'explosion au centre GNL de Skikda a fait perdre deux points de croissance économique. Cette dépendance et cette demande croissante des hydrocarbures algériens devraient permettre aux négociateurs de ce côté de la Méditerranée d'obtenir, au pire, un soutien pour obtenir, au pire, de meilleures conditions d'accès à l'OMC et, au mieux, un autre niveau d'investissements directs en Algérie.
La politique étant ce qu'elle est en ce début du XXIe siècle, l'Algérie multiplie et renforce le multilatéralisme. «Faire des affaires avec tout le monde» semble être le mot d'ordre de ceux qui dirigent le pays actuellement. Pas d'autre stratégie que celle de renforcer les intérêts de l'Algérie partout où cela est possible. Faire des affaires avec les Américains, s'associer avec les Français et les Européens, vendre aux Asiatiques et se lier avec les Africains et les pays d'Amérique latine ne sont pas des signes de «non alignement». Ce sont juste les intérêts de l'Algérie dans le cadre d'une mondialisation qui laisse bien des êtres humains sur la touche.
L'interdépendance énergétique mondiale fait de l'Algérie l'un des acteurs les plus en vue. La mondialisation économique et la rude concurrence poussent à une réflexion plus poussée pour que l'Algérie, à l'horizon 2025, ne soit plus un pays exportateur de produits bruts. L'Algérie doit exporter plus de valeur ajoutée. Elle doit donc exporter plus de travail. Mais, pour cela, il faut que les Algériens comprennent que travailler n'est pas une honte et que la distribution de la rente pétrolière actuelle handicape la vie de leurs enfants. Il s'agit de leur éviter une tempête économique dans un futur pas aussi éloigné que notre réflexion collective veut le croire.

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