La Presse (Tunis)

Tunisie: Agriculture - Etude stratégique

Des aménagements et des réformes pour relever les défis de la compétitivité et de l'emploi

- Faiblesse du financement public de l'investissement agricole

L'agriculture tunisienne, secteur très sensible, pâtit d'une sous-exploitation de son potentiel, de l'inefficience des subventions et d'une sous-valorisation de produits de terroir, pourtant de grande qualité. A titre indicatif, l'huile d'olive, tout comme le vin, sont exportés en vrac sans aucune valeur ajoutée.

Ce sont là les principales conclusions d'une étude stratégique sur le secteur menée à l'initiative du gouvernement tunisien avec le concours, notamment, de la Banque mondiale et l'Agence française de développement (AFD).

Cette étude dont les résultats ont été présentés, hier, lors d'un séminaire organisé, à Gammarth, scanne l'activité agricole, en identifie les points faibles et les points forts, et explore de nouvelles pistes pour améliorer le rendement de ce secteur et répondre aux nouvelles exigences en matière de qualité et de traçabilité.

Ouvrant le séminaire, M. Abderrazak Daâloul, secrétaire d'Etat chargé de la Pêche, a indiqué que cette étude a pour objectif de garantir au secteur un environnement plus favorable et de meilleures conditions pour relever les nouveaux défis internes et externes.

Au nombre des défis internes que le secteur est appelé à relever, il a cité l'instabilité de la production agricole qui reste largement dépendante des facteurs climatiques et la persistance de contraintes structurelles au niveau de certaines filières agroalimentaires

Autres faiblesses énumérées par le secrétaire d'Etat : l'inadéquation des systèmes de financement des activités agricoles avec les impératifs du développement agricole, la vulnérabilité des ressources naturelles (ressources hydrauliques, sols, forêts, parcours et ressources halieutiques) et la participation limitée des structures professionnelles aux efforts de développement du secteur.

Quant aux défis externes, ils se situent au niveau de la poursuite de la libéralisation des marchés intérieurs et l'ouverture sur le monde extérieur.

Il a ajouté que les principales conclusions de cette étude ont montré que malgré les résultats encourageants enregistrés par le secteur agricole, certains aménagements peuvent être introduits au niveau des politiques menées par l'Etat afin de permettre au secteur d'exprimer le total de son potentiel pour les produits compétitifs et faire face aux défis auxquels le secteur sera confronté.

Supprimer les monopoles

Pour M. Theodore Ahlers, directeur du département Maghreb à la Banque mondiale, la Tunisie a intérêt à entreprendre deux réformes structurantes pour tirer le meilleur profit du secteur agricole.

L'accent doit être mis sur l'efficience des mécanismes de subventions qui doivent bénéficier aux catégories rurales les plus démunies.

Il s'agit d'abandonner, à l'instar de pays comme la Turquie et le Mexique, les politiques de soutien des prix, de les remplacer par des systèmes d'appui directs aux ménages, d'adopter une politique de croissance du secteur basée sur les avantages compétitifs et d'opter pour des investissements adaptés aux recommandations des cartes agricoles.

L'étude propose de supprimer les monopoles tels que l'Office du blé, d'associer les professionnels à la gestion des services liés à l'agriculture (recherche, vulgarisation)et de transférer l'importation et la commercialisation des céréales aux privés, l'ultime but étant de faire en sorte que les structures d'appui et d'encadrement soient mieux réactives aux besoins des agriculteurs.

L'étude suggère globalement de relever les défis de la compétitivité, de l'emploi et la satisfaction des demandes de qualité. Il s'agit également de rajeunir la population des agriculteurs dont la plupart ont plus de 60 ans et sont, en outre, illettrés et d'améliorer les conditions d'accès au financement bancaire.

Jusqu'à présent, l'investissement agricole, contrairement aux placements dans les autres secteurs, est financé, à hauteur de 20% par l'Etat, 10% par les banques et 70% par l'exploitant agricole (autofinancement).


Copyright © 2007 La Presse. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire — ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 130 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations d' AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

Comments Post a comment