Sud Quotidien (Dakar)

Sénégal: Promotion du capital humain au Senegal, l'EDS-IV, un outil stratégique

Moctar Dieng

25 Janvier 2007


Fournir aux décideurs nationaux comme aux partenaires des indicateurs fiables sur les caractéristiques des ménages sénégalais, susceptibles d'orienter les choix stratégiques en matière d'alllocation des ressources et de définition des politiques de développement. Voilà l'objectif majeur de la quatrième Enquête démographique et de santé (Eds IV-2005) dont la présentation a été effectuée hier, à Dakar, par le biais d'un séminaire national organisé par le ministère de la Santé et de la prévention médicale.

C'est devant un parterre de professionnels de la santé, de partenaires techniques et financiers et d'acteurs des politiques locales de développement que les résultats de la quatrième Enquête démographique et de santé (Eds IV-2005) ont été présentés en effet hier, à l'Hotel Ngor Diarama, au cours d'un séminaire national de restitution. Organisé par le ministère de la Santé et de la prévention médicale en collaboration avec le Centre de recherche pour le développemnt humain et Macro International, deux institutions qui se trouvent au centre de la réalisation de ladite étude, le séminaire national de présentation des résultats de l'EDS-IV a parmis aux différents participants de s'approprier les indicateurs caractéristiques des ménages sénégalais.

Des données de base ont été ainsi révélées aux panellistes notamment en termes de fécondité des Sénégalais et autres déterminants, de planification familiale, de santé de la reproduction, de mortalité maternelle et infanto-juvénile, d'état nutrionnel des enfants et des femmes, de séroprévalence, voire de lutte contre la pauvreté. Pour Issa Dieng, conseiller technique chargé des questions de population au ministére de la Santé et de la prévention médicale qui pésidait au nom de son ministre de tutelle l'ouverture du séminaire, les données démographiques et de santé « magistralement » collectées par le biais de l'EDS-IV(2005) doivent de fait faire l'objet d'une large dissémination aux fins de permettre aux décideurs des politiques de santé et de développement socioéconomique de disposer des informations requises pour mieux orienter leurs choix.

Effectuée sur la base d'études statistitiques et démographiques auprès de 7412 ménages, 14 602 femmes agées de 15 à 49 ans et 3761 hommes de la tranche d'âge 15-59ans, et représentative autant du milieu urbain que du monde rural, l'Enquête démographique et de santé (Eds IV-2005) est la quatrième du genre au Sénégal. Elle intervient toutefois quelque huit années après sa devancière qui date de l'année 1997. Réalisée en outre grâce à l'assistance technique du CRDH et de Macro International et gràce au concours financier de la Banque mondiale,de l'Usaid, de l'Unicef et de l'Unfpa, cette enquête qui a touché 11 domaines d'études entend donner une masse de données d'importance capitale sur le développemnt du capital humain au Sénégal, comme ont d'ailleurs tenu à le préciser les différents intervenents au séminaire de présentation de l'EDS-IV.

LE VIH/SIDA VU PAR L'EDS IV

Au cours de l'Enquête démographique et de santé réalisée au Sénégal en 2005, plus de 4500 femmes et 3300 hommes ont été testés pour le Vih. Les résutats ont montré que 0,7% des personnes de 15 à 49 ans sont infectés par le virus, dans ses formes Vih 1 Et Vih 2. Cette séroprévalence est toutefois plus élevée chez les femmes que les hommes. Environ 1% des femmes sont séropositives contre seulement 0?4 % des hommes. Néanmoins, l'EDS IV montre que la prévalence du Vih est pratiquement la mêm en milieu urbain qu'en milieu rural.

La prévalence du Sida par âge, par contre révèle que les femmes sont infectées plus précocément que les hommes. Ces taux d'infection globaux, chez les hommes comme les femmes, augmentent rapidement avec l'âge pour atteindre un maximun au cours de la tranche d'âge comprise entre 45-49 ans pour les femmes et 40-44 ans pour les hommes. L'instruction semble par ailleurs jouer un rôle assez déterminant dans la prévention du Vih. Selon l'EDS-IV ainsi, les hommes bénéficiant d'un niveau d'instruction secondaire ou plus sont les moins infectés. Ce sont malheureusement les femmes ayant une instruction primaire qui sont les plus infectées. C'est à Ziguinchor (2,2%) et Kolda (2%) que la séroprévalence reste la plus élevée. Les niveaux de prévalence les plus faibles sont observés dans les régions de Diourbel avec seulement 0,1%, de Saint-Louis, de Tambacounda et deThiès avec 0,4 % chacune. Dans la même veine, l'EDS IV note que les femmes ou hummes veufs ont les taux d'infection au Vih les plus élevés alors que les célibataires restent les moins infectés. L'enquête révèle également que les femmes enceintes sont deux fois plus infectées que celles qui ne le sont pas ou qui ne sont pas sûres de leur état de grossesse. Ce qui démontre le besoin constant de conseils prénatals de qualité, a conclu la quatrième Enquête démographique et de santé réalisée au Sénégal.

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