Port Louis — Le "School Certificate" n'a plus la même valeur qu'hier. Mais il n'est pas sans valeur non plus. Petit guide à l'intention de tous les nouveaux diplômés.
Le premier diplôme du cycle secondaire obtenu, celui qui ne poursuit pas d'études académiques peut encore trouver une filière professionnelle.
Deux élèves sur trois ayant pris part aux examens du School Certificate (SC) ont été reçus. Une performance stable comparée à l'année dernière.
Mais que peut-on faire aujourd'hui avec ce diplôme en poche ? Un SC ne vaut plus grand-chose dans cet univers où la formation est la clé de tous les succès.
L'apprentissage
Avec son SC, un jeune qui ne peut ou ne veut poursuivre une filière académique, peut toujours intégrer un centre Industrial and Vocational Training Board (IVTB). Il y prépare un Higher National Diploma dans des filières aussi variées que l'hôtellerie, l'imprimerie, la pré-presse, la mécanique
Le tourisme est particulièrement preneur de jeunes qui ont une formation de base dans la restauration ou le housekeeping. Encore que les métiers de l'hôtellerie ne se limitent pas à être serveur ou femme de chambre. Les places étant limitées à l'Ecole hôtelière SGD, il convient de s'y inscrire tôt.
L'IVTB est, dans bien des cas, l'école de la deuxième chance pour les jeunes qui ont été recalés ou qui ont besoin de travailler. "Si l'apprenti persévère, il pourra même par la suite préparer une licence avec l'Université de Technologie ou une université de Grande-Bretagne", souligne Ismael Dowlut, assistant manager du Training Delivery Division de l'IVTB
Les cours professionnels
L'IVTB n'est pas l'unique option pour le détenteur de SC. "Les jeunes ne sont pas conscients de ce qui existe. Ils croient que c'est la fin du monde lorsqu'ils n'ont qu'un SC. Pourtant, il y a tellement de possibilités qui s'offrent à eux. Il faut les encourager à les explorer", estime Aisha Oozeer, de la Mauritius Employers' Federation.
Il pourrait, par exemple, s'inscrire aux cours offerts par l'Association of Business Executive d'Angleterre, ajoute Aisha Oozeer. Mais souvent, il n'y a même pas lieu d'aller chercher outre-mer. Les prestataires privés mauriciens ont senti le besoin de formation de ceux du cycle secondaire.
Certains, comme la DCDM Business School, en ont fait leur profit. "Cela fait deux ans et demi que nous avons créé des programmes pour les détenteurs de SC. C'est un franc succès. Aujourd'hui 18 étudiants préparent une licence avec l'université de Curtin juste avec un SC", explique Odylle Charoux, director of studies. Celle-ci dit sa sympathie pour cette catégorie de jeunes. "Il y a beaucoup de possibilités pour les élites et pas assez pour les autres. On a le droit de flancher un jour. Il faut qu'eux aussi ils puissent avoir une seconde chance."
Le travail
En général, le détenteur du SC a à peine seize ans. Que fait-il s'il ne peut se faire inscrire dans un cours de formation ? S'il doit travailler pour suppléer aux revenus familiaux ou pour se prendre en charge ?
Tout dépendra de ses aptitudes et de sa combativité. S'il a des aptitudes langagières et le contact facile, il peut tenter sa chance du côté des centres d'appels. Il pourra être pris en main, formé et mis au travail.
Mais un choix plus naturel pour beaucoup sera d'aller s'échiner dans les usines textiles. Le jeune y sera embauché comme aide aux machinistes professionnels et ainsi, il fera son apprentissage.
L'hôtellerie est aussi une option. Plus difficile de s'y faire embaucher. Mais une fois qu'on a réussi, on est sûr d'être formé pour atteindre le degré de professionnalisme souhaité par l'établissement. La plupart des groupes hôteliers ont leurs propres académies pour former et réorienter leurs employés.
Les autres se perdront dans les ateliers d'artisans et apprendront sur le tas des métiers comme la menuiserie, la mécanique, la cuisine et la couture. Sinon, ils trouveront bien un moyen de faire passer le temps jusqu'à leur majorité et intégrer le monde des adultes.
MMM : campagne contre l'arrêt des subventions
Le MMM a décidé de lancer une vaste campagne nationale pour sensibiliser et mobiliser la population contre la suppression de la subvention sur les frais d'examen. A la suite d'une réunion du bureau politique du MMM, hier soir, Steven Obeegadoo, secrétaire général du parti, a déclaré : "Le MMM est convaincu que c'est une décision lourde de conséquences pour les enfants des travailleurs, de la classe ouvrière et des milieux pauvres. Le MMM a toujours considéré que l'éducation est un bien public, un droit fondamental, et non un privilège auquel on accède selon ses moyens financiers." Il a annoncé le lancement d'une "campagne d'affichage, de distribution de tracts dans les écoles, de lettres aux parents, de motions privées au Parlement".
Une plate-forme nationale sera ouverte "à tous les gens épris de justice sociale et à tous ceux qui croient en l'égalité des chances. Nous allons inviter toutes les forces politiques progressistes, les syndicats et tous les gens de bonne volonté. La plate-forme aura pour mission d'organiser une manifestation nationale pour forcer le gouvernement à reculer."
La joie de Laura
Laura Fung Hing n'en croit pas ses oreilles, ni ses yeux d'ailleurs, lorsque le professeur lui tend le fameux papier renfermant les résultats du "School Certificate" en claironnant un "six unités". "Je croyais que le prof me faisait une blague. J'ai vérifié plusieurs fois les chiffres et mon nom comme pour m'en assurer." Car Laura, étudiante de 16 ans au Queen Elizabeth College, était persuadée que ses résultats flirteraient davantage avec les 12 unités. Les six unités ont été accueillies avec des larmes de joie. Laura avait comme matières obligatoires l'anglais, le français, les mathématiques et Add Maths. Très modeste, elle affirme que les examinateurs ont été généreux envers elle. "Ma maman Rosie ne me croyait pas non plus quand je le lui ai annoncé au téléphone." Et papa Mario est resté très stoïque. Hier soir, Laura, heureuse, tourbillonnait parmi les siens venus la féliciter. Un dîner en famille a ponctué l'événement. Et quelques accords de guitare flottaient dans l'air. "Cette passion m'aide beaucoup pour enlever le stress des examens."
Amélioration dans la qualité
78,9 % des étudiants ont réussi au SC en 2006, contre 78,4 % en 2005.
Une hausse sensible a été cependant notée à Rodri-gues. 70,4 % de Rodriguais ont leur diplôme en poche, contre 60,9% en 2005.
Les écoles secondaires ont présenté 16 448 candidats aux examens du SC l'an dernier. Les filles ont devancé leurs collègues masculins en affichant un taux de réussite de 81,2 % contre 75,22 %.
De nouveaux collèges d'Etat qui ont, pour la première fois, présenté leurs élèves au SC, ont obtenu d'excellents résultats. A titre d'exemple, le collège Rabindranath Tagore, à Ilot, affiche un taux de réussite de 100 %. Le Pample-mousses SSS flirte aussi avec les sommets, avec 96 % de réussite.
"D'après un premier constat de Cambridge, une nette amélioration des grades a été notée alors que dans le passé, il y avait plus de grades D et E. Beaucoup d'élèves ont obtenu, à la place, des C", souligne Lucien Finette, directeur du Mauritius Examinations Syndicate.
Les examinateurs notent une amélioration remarquable en anglais, mathématiques et sciences.
1 000 élèves de plus ont eu un grade C en anglais, note Lucien Finette.

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