Port Louis — Avoir son chez soi : plus qu'une nécessité, un droit humain. Pourtant, ils sont nombreux à arpenter les rues à la recherche d'un banc ou d'un abribus accueillant, à dépendre entièrement du soutien d'organisations caritatives. La famille Racheea est une de celles qui a vu son quotidien basculer et qui est dans l'incapacité d'assumer les frais d'un logement. Cela fait plus d'un an et demi qu'elle est hébergée par l'association Relais Espérance à Pointe-aux-Piments.
Quatre familles sans domicile habitent dans le bâtiment de Relais Espérance. Ces logements, fondés sur l'initiative de l'Abbé Pierre, abritent temporairement des familles qui n'ont plus de toit et qui, faute de moyens, risquent de se retrouver à la rue. Pour les Racheea, les problèmes ont commencé avec des meubles achetés par un proche. "Mo ser ti aste meb ek li pann paye. Mo misie ek mwa nou ti port garan ek nounn gagn warrant lapolis tou. Mwa mo ti fek fer enn loperasyon pou enlev enn groser dan mo sin", explique Guylaine Racheea. Même si l'affaire va en cour, les problèmes ne feront que s'aggraver. Le couple Racheea devra alors rembourser Rs 35 000 au fil des années. "Pendant quatre ans, ma soeur n'a pas fait de paiement pour des meubles coûtant dans les Rs 25 000. Au début les factures étaient envoyées à notre adresse et après elles ont cessé de venir."
Devant rembourser les meubles, les Racheea se retrouvent dans l'incapacité de payer le loyer. Le propriétaire de la maison où ils avaient passé huit ans et demi jusque-là, se montrera compréhensif. Les fonds épuisés, le temps de déménager viendra quand même. Les Racheea frappent à toutes les portes, se tournent vers plusieurs options de logement. Mais le logement est soit trop cher soit pris.
Pas de loyer à payer
"Je n'ai pas de famille - ni papa, ni maman. Il n'y avait personne pour nous aider et nous ne savions quoi faire", dit Guylaine. Son mari, Georges, est jardinier. Mais cet emploi n'a pas suffi pour garder le logement. Le couple a aussi deux enfants. Sarah, sept ans, est au primaire, et Shane, 12 ans, vient d'intégrer le collège.
Après des demandes auprès de leur paroisse, les Racheea sont redirigés vers le centre Relais Espérance où une cellule de logement vient de se libérer. Au Relais Espérance, pas de loyer à payer, seulement la facture d'électricité. Chaque mois, toutes les familles logées au Relais doivent mettre une certaine quantité d'argent de côté sur un compte Plan Epargne Logement. En juillet, leur contrat de deux ans avec le Relais Espérance expire. Guylaine et Georges Racheea sont à la recherche d'un autre logement, mais ont toujours des contraintes financières. Ils gardent cependant espoir.

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