Abidjan — Chaque année, l'Etat de Côte d'Ivoire paie une facture d'eau de près de 10 milliards de francs. Et 60% de ce montant représentent le gaspillage déploré. Soit, 6 milliards de francs que l'Etat paie pour rien. Cette révélation a été faite par le chef du service des dépenses d'eau de l'Etat, à la direction de l'hydraulique humaine, Gadou Abel, lors de la cérémonie de lancement des activités de la brigade de contrôle des abonnements et du patrimoine de l'Etat, une structure qui vient d'être créée à la direction du patrimoine de l'Etat.
C'est un audit diligenté par le ministère des Infrastructures économiques qui a permis de situer les autorités sur le niveau de gaspillage dont l'Etat est auteur en matière de consommation d'eau. L'étude révèle qu'au nombre des plus gros consommateurs, figurent le camp de gendarmerie Agban, le camp militaire Akouédo, le centre régionale des oeuvres universitaires. Le camp Agban, à lui seul, consomme 400 millions au lieu de 50 millions pour une population de 2 mille habitants. A titre de comparaison, M. Gadou révèle que la consommation de cette cité dépasse celle de la ville de Daloa Ceci, à cause du gaspillage. «60% de gaspillage c'est ahurissant pour un pays pauvre», a déploré le ministre délégué à l'Economie et aux Finances, Diby Koffi Charles, venu présider la cérémonie. Le gaspillage est pour lui un frein à l'investissement utile pour la création de richesses. A propos de la brigade, il a insisté sur le fait qu'elle n'est pas créée contre quelqu'un, mais bien contre un fléau que tout le monde devra combattre Et le premier sur qui la lourde responsabilité de ce combat repose est le directeur du patrimoine, Boubli Goredjé. Le ministre le lui a signifié. Une évaluation est prévue dans 6 mois. Et le ministre promet que le directeur du Budget fera les investissements nécessaires. A ce sujet, M. Gadou a fait savoir qu'un investissement de 40 millions suffirait pour économiser 350 milliards au camp Agban.
Les investissements sont d'autant nécessaires que nombre de causes du gaspillage sont liées à la vétusté des équipements. Aussi bien en ce qui concerne les abonnements d'eau que ceux de l'électricité. L'Etat, faut-il savoir, paie en moyenne chaque année 30 milliards de francs en abonnement d'eau et de courant électrique.
Le directeur général du Budget et des Finances, Kouassi Kouamé, souhaite que les différents responsables accordent leur collaboration afin de faciliter la mission de la brigade de contrôle des abonnements et du patrimoine. Cette nouvelle structure, comme l'a présentée le directeur du patrimoine, se chargera, entre autres de contrôler régulièrement les installations, de lutter contre les branchements illicites, de veiller à l'utilisation rationnelle de l'eau et de l'électricité, de rechercher les biens d'équipement volés. Elle est composée de 30 éléments.
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