Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Affaire de « 3 Kasongo » ministre du Commerce extérieur - Kisimba Ngoy rompt le silence, sans vider le débat

Angelo Mobateli

17 Février 2007


Kinshasa — Le président national de l'Union nationale des fédéralistes (UNAFEC), Honorius Kisimba Ngoy, a décidé hier vendredi 16 févier de rompre le silence dans ce que l'on considère déjà à Kinshasa comme l'« affaire de 3 Ilunga Kasongo chez le Premier ministre » se réclamant chacun être le ministre nommé au Commerce extérieur.

«La gravité des faits nous interdit de vouloir banaliser le problème. Cependant, j'ai décidé de rompre le silence mais sans vider le débat, parce que je ne veux pas animer les cancans ». a-t-il déclaré.

Dans un entretien avec Le Potentiel, il a indiqué que son « silence n'est pas l'expression d'un embarras ou de l'acceptation de tout ce qui se raconte autour de la nomination de M. André Kasongo Ilunga au gouvernement », silence qu'il justifie plutôt par « la délicatesse du sujet à traiter » et son « statut d'homme d'Etat ».

« La gravité des faits nous interdit de pouvoir banaliser le problème comme on le voit dans la presse, parce que connaissant qui et comment la cabale a été montée pour me salir et me discréditer », a affirmé le bâtonnier Kisimba Ngoy. « Nous n'avons pas voulu que ce soit l'expression d'un état d'âme ou de menaces à l'égard de qui que ce soit. Nous n'avons pas non plus voulu fragiliser un pouvoir qui s'installe et, surtout, un gouvernement qui peut compter sur notre soutien », a souligné Honorius Kisimba.

En outre, il a insisté sur le fait que les gens auraient dû s'interroger sur les « raisons pour lesquelles Kisimba Ngoy, qui en principe aurait dû se trouver au gouvernement sans que cela puisse créer des vagues, n'a pas été nommé ».

Lui et son parti (Unafec) étant membres de l'Alliance de la majorité présidentielle (AMP) qui ont battu campagne pour Joseph Kabila à l'élection présidentielle, « Kisimba peut légitimement se considérer comme créancier d'un poste, et non pas comme un ouvrier de la 11ème heure. Ce serait un juste accomplissement d'une promesse que m'a faite le président Joseph Kabila comme celle qu'il a également faite à MM. Antoine Gizenga, à Olivier Kamitatu et à tant d'autres personnalités », a-t-il estimé.

LUTTE DE LEADERSHIP

« D'abord, je ne peux pas m'en prendre au Premier ministre Antoine Gizenga en qui ma confiance demeure totale, car il ne m'a rien promis. Et moi et mon parti avons considéré son acceptation pour être à la tête du gouvernement comme un acte que va accomplir un grand nationaliste. Par ailleurs, moi-même et le directoire national du parti n'avons pas pensé que la cabale a son siège à la Primature, mais plutôt autour du président de la République », a-t-il insisté.

Pour le président national de l'Unafec, « cette cabale est l'oeuvre de certaines personnes, qui partagent avec certains dirigeants dont moi-même le même terroir. Il s'agit d'une lutte de leadership autour d'un Chef commun ».

Pour Kisimba Ngoy, « la cabale assassine est l'oeuvre de spécialistes des services (qu'il n'a pas cités, ndlr) qui ont eu des contacts avec certaines personnes qui ont sûrement abusé de la bonne foi de l'AFP qui a eu à répercuter cette information dans la presse locale et internationale ».

Pareilles « allégations » sur des « ministres zombies ou fantômes » dans le gouvernement congolais fait passer la RDC, selon le président national de l'Unafec, « comme une République bananière, où l'on peut vous désigner ministre même si vous n'existez pas ».

« Cela devrait heurter les esprits, inquiéter même les bonnes consciences », a-t-il interpellé, en rappelant la « machine de diabolisation mise en mouvement » sous la 2ème République contre les Premiers ministres Bernardin Mungul Diaka (évacué un mois après) et Faustin Birindwa dont les ministres se sont vus refuser des visas dans les chancelleries accréditées à Kinshasa.

« En montant en épingle cette cabale visant à me disqualifier, c'est au bout du compte le gouvernement Gizenga qu'on veut diaboliser », a soutenu Kisimba Ngoy. « Je ne plaide pas la cause du Prezmier ministre Gizenga, mais bien celle de notre pays », a-t-il indiqué, révélant l'existence d'une Déclaration que le directoire national de l'Unafec a apprêtée le 13 février 2007 à ce propos.

Kisimba Ngoy s'est, enfin, étonné que les « faussaires » n'aient pas été inquiétés outre mesure après que le secrétaire général de l'Unafec et vice-ministre de l'EPSP, invité à la Primature pour identifier les « 3 Ilunga Kasongo », ait désigné le prénommé André, dont le dossier était - selon le ministre près le Premier ministre Godefroid Mayobo - sur la table de M. Antoine Gizenga.

« Peut-on être sérieux quand deux zigotos se présentent chez le Premier ministre, en s'affublant de titres qui ne sont pas les leurs, et rentrent tranquillement chez eux sans être inquiétés ? Comment ne pas s'étonner aussi que l'un des trois signe de la même manière que Kasongo Ilunga André ?, Peut-on y avoir homonymie jusqu'à la signature en présence d'un éminent juriste et ministre d'Etat Nkulu? », s'est-il interrogé.

A son avis, « soit l'un est vrai et les deux autres sont des faussaires pris en flagrant délit de faux en écriture, soit les trois sont des faussaires. En pareille situation, on les arrête ». De toutes les façons, l'Unafec envisage d'entreprendre une action judiciaire, a-t-il indiqué.

« Pour que la comédie cesse, et parce qu'ils veulent casser la machine, nous allons parler dans les 48 heures », a promis le bâtonnier Kisimba Ngoy.

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