Avec les vers intestinaux, cette maladie constitue un problème de santé publique au Cameroun.
Hier, mardi 20 février 2007, le ministre de la Santé publique, Urbain Olanguena Awono, a procédé au lancement, dans la ville de Sa'a, du déparasitage des enfants en âge scolaire au Cameroun. Pour le président du Programme national de lutte contre la Schistomias et les Helminthiases (PnlshI), le Dr Tchuem Tchernozem, cette étape dans la lutte contre les vers intestinaux et la Bilharziose est cruciale: "Au Cameroun, dit-il, 5 millions de personnes sont à risque d'infection par la bilharziose. Et parmi eux, il y en a 2 millions qui sont parasitées tandis que pour les vers intestinaux, 10 millions de personnes sont infectées. C'est pour cette raison que le PnlshI, en coopération avec le ministère de la Santé publique et les laboratoires Johnson &Johnson, a mis sur pied ce programme de déparasitage des enfants d'âge scolaire, dont la tranche d'âge la plus touchée varie entre 6 et 15 ans.
"Le président du PnlshI précise d'ailleurs que, pour ce qui est de la bilharziose, les trois provinces septentrionales du Cameroun sont les plus touchées, tandis que les vers intestinaux sont plus présents dans la partie méridionale. De même, le Dr Tchuem Tchernozem rappelle que ces maladies sont essentiellement dues à la pauvreté. "Elles sont liées à la qualité de l'eau et des aliments que les personnes infectées consomment. Et dans les familles pauvres, on a souvent du mal à faire attention à ces détails. C'est pour cette raison que la majeure partie des cas recensés se rencontre dans les milieux défavorisés." Chez les enfants atteints, ces maladies parasitaires sont à l'origine de nombreux problèmes de santé. Parmi ceux-ci, on retrouve le retard de croissance, la baisse du développement intellectuel et le développement d'une morbidité importante.
De même, l'infection par l'un de ces parasites rend l'enfant plus vulnérable à d'autres maladies.
Concrètement, sur le terrain, il est question, pour freiner l'évolution de cette maladie, de distribuer, sur l'ensemble du pays, 4 millions de doses de Vermox 500 mg aux enfants. Ces médicaments sont remis par la firme pharmaceutique Johnson& Johnson, spécialisée dans les soins des bébés et des enfants. Cette firme s'est d'ailleurs engagée au cours d'une conférence de presse donnée lundi dernier, par la voix de son vice-président, Christian Verbeek, à " enrayer la maladie et à améliorer les infrastructures nécessaires pour lutter contre la propagation des vers intestinaux et de la bilharziose."
Lutte
Cette distribution se fait tant dans les établissements scolaires qu'au sein des communautés. C'est dans ce cadre qu'en 2006, 700 directeurs d'écoles, 500 présidents d'associations des parents d'élèves et 2.500 enseignants ont été formés pour assurer le déparasitage des enfants dont ils ont la charge. Cette opération a abouti, l'année dernière, au déparasitage d'environ 170.000 enfants d'âge scolaire, selon les chiffres avancés par le PnlshI.
A travers le pays, l'objectif principal de cette lutte est d'empêcher le développement de la morbidité chez les personnes cibles à travers le déparasitage régulier et systématique, mais également à travers la sensibilisation des populations ainsi que la promotion de l'hygiène et l'assainissement de l'environnement, particulièrement dans le cas de la bilharziose. Dans ce dernier cas, l'évolution positive de la lutte contre la bilharziose à Loum, un foyer installé dans le département du Moungo, reste un exemple.
Dans cette localité où l'évolution de la bilharziose est suivie depuis une douzaine d'années en effet, le PnlshI annonce qu'en 2000, 63% des enfants souffraient de bilharziose urinaire. Des séquences de déparasitage des élèves, l'éducation et la sensibilisation des populations, la promotion de l'hygiène et de l'assainissement de l'environnement ont été lancées. L'étude d'évaluation réalisée en février 2007 montre que seuls 3% des enfants y sont encore atteints par la bilharziose tandis que l'infection par les vers intestinaux a également chuté et est partie de 66% en 2000 à 17% en 2007.

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