Moyiga Nduru
26 Février 2007
interview
Les résultats publiés la semaine dernière montrent que le 'Lesotho Congress for Democracy' (LCD) au pouvoir a réalisé un score écrasant dans les élections législatives du 17 février. Le parti, aux affaires depuis 1998, a remporté 61 des 80 sièges disputés -- laissant 17 au principal groupe de l'opposition, la 'All Basotho Convention' (ABC).
Quarante autres sièges étaient attribués à travers un système de représentation proportionnelle. Le 'National Independent Party' en alliance avec le LCD, a obtenu 21 de ces sièges, tandis que le 'Lesotho Workers Party', en a eu 10. Ce dernier est en partenariat avec l'ABC.
Khabele Matlosa, conseiller principal et chercheur à l'Institut électoral d'Afrique australe basé à Johannesburg -- et lui-même un Mosotho -- vient juste de rentrer de la supervision de l'élection au Lesotho. Dans une interview, il a parlé du vote à IPS, et des perspectives du nouveau gouvernement du "Royaume des montagnes" d'Afrique australe.
La 'All Basotho Convention' se plaint du fait que l'élection n'était pas juste. Qu'en pensez-vous ?
Le Lesotho a eu une élection décidée à l'improviste et organisée en l'intervalle de 90 jours. Dans ces conditions, beaucoup de questions resteraient en contentieux. Au nombre de celles-ci, figurent des plaintes de l'opposition au sujet du processus d'inscription, de l'accès aux médias d'Etat, du financement des partis, de la rémunération des représentants de partis et de la date des élections. L'opposition a également avancé des allégations d'achat de votes de la part du parti au pouvoir et l'utilisation des véhicules du gouvernement pour transporter des électeurs.
Le processus s'est déroulé sans à-coups. Les électeurs étaient libres d'exprimer leur volonté. Toutefois, la (question) de l'équité est une question délicate. Le parti au pouvoir a utilisé des véhicules gouvernementaux pour transporter des électeurs, et l'opposition a déploré le fait que l'argent qui leur a été offert -- chaque parti a reçu 15.000 dollars -- soit arrivé tard.
Le pays a connu une série de coups d'Etat militaires, le dernier en 1998. Les griefs qui ont amené les militaires à prendre le pouvoir ont-ils trouvé des solutions?
L'armée n'est plus la force politique qu'elle était auparavant. Ses membres sont maintenant une force disciplinée et professionnelle. Ils se sont maintenant retirés des partis politiques. Ils ne constituent plus une menace.
Le Lesotho a pratiquement 50 pour cent de taux de chômage et un tiers de sa population adulte a le VIH/SIDA -- l'une des plus fortes proportions au monde. Comment la nouvelle administration peut-elle mieux s'attaquer à ces défis?
La création d'emplois est déterminante. Le Lesotho a un secteur privé trop petit pour donner des emplois à tout le monde. Les migrants Basotho travaillent dans des mines et des fermes en Afrique du Sud (et) les fonds envoyés par les migrants sont toujours cruciaux. Le Lesotho dépend des envois de fonds, de la dividende de la SACU (Union douanière d'Afrique australe) (répartie entre l'Afrique du Sud, le Botswana, la Namibie, le Swaziland et le Lesotho) et l'aide étrangère. Si vous les examinez de près, vous verrez que ces revenus ont baissé. Nous avons commencé par recevoir de l'argent du 'Lesotho Highland Water Project', d'Afrique du Sud. Récemment, le Lesotho a également découvert des diamants.
Accorder des aides sociales aux populations pour améliorer leurs moyens d'existence est crucial. Cela ne rime à rien si les gens votent et que leurs vies restent les mêmes. Ceci nous ramène à la question brûlante du VIH/SIDA, qui est une menace pour le tissu social du Lesotho. Des ressources doivent être affectées à la lutte contre le VIH/SIDA.
L'opposition devrait également jouer son rôle. Pour la première fois, le Lesotho a un parlement avec une forte opposition pour amener le gouvernement à rendre compte de ses actes.
Quelles leçons le reste de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) peut-elle tirer des élections qui se sont tenues au Lesotho, au cas où il y en aurait?
Elle peut tirer plusieurs leçons du scrutin. La SADC doit s'inspirer du système mixte de choix de membres à la proportionnelle. Le modèle doit être étudié attentivement. La SADC peut également tirer des leçons de la capacité du Lesotho à sortir les militaires de la politique.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2007 Inter Press Service. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.