Cameroon Tribune (Yaoundé)

Cameroun: Les entreprises mesurent l'ampleur de la corruption

A. E.

27 Février 2007


Les résultats de l'enquête de Transparency International sur la question présentés hier.

Divers exposés sont au programme de l'atelier de Transparency International. Le concept même du Système national d'intégrité et le rôle du pilier judiciaire ainsi que le dispositif anti-corruption du code de procédure pénale sont, entre autres, des thèmes ayant retenus l'attention. Mais l'intérêt des participants était aussi focalisé sur la présentation des résultats de l'Enquête nationale 2006 auprès des entreprises sur la corruption au Cameroun. Cette étude menée par le Centre de recherche et d'études en économie et sondage (Cretes) a pour objectif de décrire l'étendue et la fréquence des phénomènes de corruption au Cameroun. Elle réunit du reste des éléments de connaissance factuelle et objective. Le rapport final indique que 835 entreprises constituent l'échantillon de cette étude. Parmi elles, on dénombre 100 avec un effectif en personnel supérieur ou égal à 250, ou celles ayant réalisé un chiffre d'affaires supérieur ou égal à un milliard de francs CFA en 2005. Les données ont été collectées au cours des mois de février et mars 2006 avec une participation active des chefs d'entreprise.

D'après ces derniers, le degré de corruption dans le secteur public apparaît comme l'obstacle le plus sérieux au développement de leurs entreprises. Qui plus est, cet obstacle bat de vitesse le problème de financement voire la fiabilité du système judiciaire. Néanmoins d'après cette enquête, on apprend que les chefs d'entreprise classent le régime de perception de l'impôt et/ou le taux d'imposition avant la corruption dans le secteur public en tant qu'obstacle sur lequel le gouvernement devrait agir en priorité pour favoriser leurs activités.

Reste que le jugement des chefs d'entreprises sur l'impact de la corruption sur leur environnement est sévère. L'étude révèle en effet que près de quatre responsables interrogés sur cinq le jugent fort ou moyen. On sait ainsi que le classement des secteurs et services publics selon le degré d'affection du phénomène de corruption fait apparaître la douane, les services des impôts, la police et la gendarmerie, le système judiciaire, les services fonciers, les services de transport et les services d'autorisations administratives comme les plus affectés.

Le bas niveau de salaire et l'absence de sanctions sont les principaux facteurs cités spontanément comme favorisant la corruption.

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