Soubeïga Jacques H. D.
6 Mars 2007
opinion
A la veille de la Journée internationale de la femme commémorée le 8 mars, les auteurs de l'humeur qui suit ouvrent le débat. Pour eux, au lieu d'être une journée de djan djoba et d'exhibitionnisme, le 8-Mars devrait être une journée de réflexion sur les réalités de l'Afrique.
La Journée internationale de la femme est pour nous un moment solennel donné aux femmes de réfléchir. Chères femmes, chères mères du Burkina Faso, vous méritez pleinement cette journée.
Cependant, souvent, nous nous interrogeons sur le sens que vous, femmes du Burkina, donnez à cette journée. En réalité quelle définition la femme burkinabé donne-t-elle au 08 mars ?
Loin de remettre en cause les conventions des instances internationales qui reconnaissent les droits et devoirs de la femme, nous venons faire un contact de fait. ?Le 08-Mars au Burkina Faso peut être considéré comme une journée de djan djoba, de grandes retrouvailles, d'exhibitionnisme (montrer les pagnes qu'on a pu acheter, vérifier si on se maintient en forme par rapport à telle autre...)
Nous avons été surpris, le 03 mars, avec l'émission Télé agenda (TNB), de constater que nos femmes en sont toujours au stade des réjouissances populaires. Puisque toutes les femmes qui sont passées à l'émission dans le cadre du 08-Mars invitaient le public à des prestations d'artistes. Ce qui nous fait dire que le 08-Mars 2007 est une journée à la Pierrette Adam's, une journée à la Bétika.
Pendant que vos enfants sont au chômage, que vos parents restés au village meurent de faim, que la pauvreté prend de plus en plus du terrain, les femmes "urbaines" et "semi- urbaines" se donnent le plaisir de danser et d'envoyer leurs maris au marché.
A quel combat nos femmes nous invitent-elles quand nous observons froidement les réalités du Burkina actuel ? C'est pourquoi nous disons avec Norbert Zongo qu'« il ?est temps d'ouvrir les yeux et de scruter l'horizon pour accepter qu'il est bouché. Mais surtout, nous devons comprendre et accepter qu'aucune bataille ne saurait se gagner les yeux fermés. Notre drame n'est pas d'avoir fermé les yeux mais de refuser aujourd'hui de les ouvrir ».
Chères femmes et mères, il est grand temps de vous réveiller, de vous interroger et de vous déterminer un combat, un destin pour vos enfants. Le 08-Mars doit être pour vous une journée de réflexion sur les réalités de l'Afrique. Rappelons que l'ivoirienne Henriette Diabaté, la Libérienne Ellen Johnson et la Guinéenne Sirabiétou Diallo n'ont pas marché et dansé à la manière des femmes burkinabé pour parvenir à changer leur condition féminine.
En outre, selon la conception actuelle, le 08-Mars reste et demeure une journée de la femme citadine, pendant que la femme réelle burkinabé, restée dans les confins du Burkina, végète dans la misère.
Les femmes elles-mêmes doivent comprendre et défendre leurs intérêts car, comme le dit l'adage : « on n'est jamais mieux servi que par soi-même ». N'empêche que nous leur souhaitons bonne fête et surtout une bonne méditation.
Bilgo Samba
Sankara W. Saturnin
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