Azzedine Chabane
13 Mars 2007
Un kamikaze tué et quatre blessés, hier.
Une personne a été tuée et trois autres ont été blessées lorsqu'un kamikaze a actionné la charge d'explosifs qu'il portait, dans un cybercafé de Casablanca, dans la nuit de dimanche à hier, selon des informations émanant de la DGSN marocaine. Deux individus, de nationalité marocaine, se sont introduits dans un cybercafé situé au quartier Sidi Moumen, à Casablanca, pour «essayer de consulter des sites Internet faisant l'apologie du terrorisme», selon le communiqué de la police. Ces deux individus ont été empêchés par le fils du propriétaire du cybercafé de consulter Internet. C'est alors que «l'un des deux individus a été emporté par une charge explosive dissimulée sous ses vêtements», tandis que son complice, légèrement blessé, prenait la fuite avant d'être arrêté, porteur lui aussi d'une charge explosive.
«Le cybercafé n'était pas la cible des deux hommes, ils voulaient, via Internet, recevoir des instructions pour commettre leurs attentats ailleurs», a estimé un responsable de la préfecture de Casablanca qui a, en outre, relevé que les deux hommes «ne sont pas des résidants du quartier». «Le Maroc est visé par le terrorisme qu'il doit combattre en faisant preuve de vigilance», a constaté hier, pour sa part, le porte-parole du gouvernement, Nabil Benabdellah, avant d'ajouter que les «mesures de sécurité ont été renforcées ces derniers jours». C'est la première fois, depuis les attentats du 16 mai 2003, à Casablanca, qu'une bombe explose et fait des victimes au Maroc. On se souvient que les attentats de 2003 avaient fait 45 morts, dont 12 kamikazes, visant un hôtel, des restaurants fréquentés par des étrangers et des cibles juives, dans la ville de Casablanca.
Tout au long de 2006 et depuis le début de 2007, les autorités marocaines annoncent régulièrement le démantèlement de cellules terroristes à travers le pays, accusant pêle-mêle les réseaux d'Al Qaïda, notamment ceux qui activent au sein des communautés émigrées en France, en Belgique et aux Pays-Bas.
C'est ainsi qu'aux noms de Aziz Chaguani et Abdelhadi Chaïri, recherchés dans l'affaire de la cellule terroriste «Organisation Al Qaïda au Maghreb islamique», les services de sécurité marocains viennent d'ajouter les noms de deux nouveaux suspects.
L'existence de membres des réseaux Ben Laden au Maroc avait déjà été abondamment évoquée en mai 2002, lors de l'arrestation d'un groupe de dix personnes, dirigé par trois Saoudiens accusés de constituer une «cellule dormante» d'Al Qaïda et de préparer des attentats contre des navires de l'OTAN dans le détroit de Gibraltar. Depuis, le Maroc fait face à une menace terroriste grandissante contre laquelle des pays comme la Grande-Bretagne mettent en garde leurs ressortissants désireux de s'y rendre. Il cherche du coup à détourner l'attention des observateurs en ciblant, dans une ridicule tentative d'amalgame et d'intox conjugués, le Polisario et le peuple sahraoui spolié de son droit légitime à l'autodétermination, qu'il accuse de contribuer à la montée du péril.
Cette fuite en avant est à la fois pathétique et inquiétante quant à la mesure et à la volonté des dirigeants marocains de faire face aux vrais dangers, tout en honorant leurs engagements de respecter la légalité internationale, avec l'application du plan Baker qui constitue la seule option avalisée par la communauté internationale.
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