Les troupes de danse et de théâtre de Douala, membres du collectif, ramènent le public dans les salles.
Heureuse surprise ! La salle des spectacles du Ccf de Douala était pleine vendredi dernier. Pour une pièce de théâtre ? Absolument et pour tout vous dire, c'est comme ça depuis quelques mois. Depuis que le collectif " Scène plurielle " programme une représentation, un public de plus en plus nombreux et de plus en plus fidèle accourt. Ça lui laisse un goût de revenez-y et il prend rendez-vous pour la fois suivante.
Il y a quelques mois, les différentes troupes de danse et de théâtre de la ville de Douala ont mis sur pied une plateforme de travail pour ramener les spectateurs dans les arènes des arts vivants. Le Ccf de Douala, actuellement dirigé par Nadia Derrar, femme de théâtre, s'engageait alors à soutenir la dynamique. Les acteurs de " Scène plurielle ", metteurs en scène, comédiens et autres, avaient décidé de mettre leurs compétences en commun pour monter des spectacles. Le Ccf, pour sa part, offrait sa salle pour les répétitions, intégrait tous les spectacles dans sa programmation et facilitait l'organisation d'ateliers à l'intention de ce beau monde. Un cachet était même promis aux troupes à l'issue de chaque représentation. Chacun des membres du collectif s'engageait à faire venir à chaque spectacle, au moins cinq personnes pouvant payer leurs places.
Tout ce qui était prévu marche comme sur des roulettes. Les spectacles promis ont lieu, même si un incident survenu au Ccf a retardé la programmation. La qualité des spectacles s'est améliorée, à la satisfaction de Jonas Embom et de Bebey Jean Paul, metteurs en scène. Les deux têtes pensantes de " Scène plurielle " se félicitent également de ce que tous les membres du collectif jouent le jeu. " Autre chose, font-ils remarquer, les spectacles que vous voyez ne sont pas uniquement montés par les membres d'une seule compagnie. Même des comédiens ou metteurs en scène qui ne font pas partie de la compagnie y mettent du leur. C'est vraiment une dynamique de solidarité ".
Jonas Embom rappelle que le vrai problème des troupes, c'était la diffusion des spectacles. Or, aujourd'hui, le Ccf constitue un tremplin pour leur travail. La pièce " Kaba Ngondo ", jouée deux fois à Douala, a été retenue dans le cadre du réseau des centres culturels et alliances françaises. On pourra donc la voir dans d'autres villes du pays et c'est une ouverture sur les centres culturels français d'Afrique. On ne pouvait pas rêver mieux. Les comédiens, en particulier, chez lesquels on note aussi plus de détermination ont de bonnes raisons de brûler les planches puisque, comme promis, ils perçoivent un peu d'argent pour leurs déplacements et menus besoins. Si le budget du Ccf n'avait pas été revu à la baisse, c'est sûr qu'ils gagneraient plus. L'expérience de " Scène plurielle " surprend les troupes de Yaoundé qui voudraient entrer dans le collectif. Mieux, confie Jonas Embom, de hauts fonctionnaires du ministère de la Culture l'ont déjà approché pour voir la mesure dans laquelle le Mincult pourrait leur apporter du soutien. Tiens donc !

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