Noureddine Hlaoui
16 Mars 2007
- Confirmation d'une réputation et d'une crédibilité, déjà solidement établies, de nos compétences en médecine
Les compétences tunisiennes dans le domaine de la médecine, plus précisément en matière de chirurgie complexe et pointue, viennent de se distinguer en réalisant une première - encore une ! - consistant en la transposition des gros vaisseaux entre les oreillettes et les ventricules du coeur d'un bébé âgé de 3 mois seulement.
Pour reprendre les péripéties dès le départ, il faut avouer que la décision d'entreprendre une pareille intervention chirurgicale n'était pas facile à prendre. En effet, le petit Lou'aï Ben Mohamed, puisque c'est de lui qu'il s'agit, était atteint d'une malformation cardiaque complexe de naissance. Et comme cette anomalie n'a pas été détectée dès les premiers jours après la naissance, l'indication opératoire s'est posée. Mais où ?
Au début, ses parents voulaient envoyer leur petit à l'étranger vu le cas très délicat de son état. Mais c'était compter sans le haut niveau de nos compétences dans le domaine. En effet, le Professeur Abdelfattah Abid, spécialiste en chirurgie cardiovasculaire et le médecin anesthésiste réanimateur, le Dr Abdelfattah Bargaoui ont pris la décision d'assumer la responsabilité d'opérer le petit Lou'aï à Tunis.
Et le jour "J", un certain 20 février 2007, dans une clinique de la place, ont réussi une première intervention du genre pour ce type de maladie sachant que les techniques sont plus difficiles et plus ardues lorsque le bébé est âgé de 3 mois que juste après la naissance.
Ainsi, secondé par le chirurgien, Dr Abid Noômane et aidé par une équipe composée d'un instrumentiste technicien, d'un technicien d'anesthésie et d'un infirmier de la salle d'opération, le Pr Andelfattah Abid a pu relever et réussir ce pari au bout de trois heures environ d'intervention selon une technique dite de "senning".
Et ce n'est pas fini, le petit a été pris en charge, ensuite, par l'équipe de réanimation dirigée par Dr Abdelfattah Bargaoui et composée de six infirmiers spécialisés (deux par roulement sur trois séances).
Ainsi et grâce à l'effort de toute une équipe, le petit Lou'aï a retrouvé un état normal et a pu quitter la clinique et retourner chez ses parents prouvant, si besoin est, qu'il est hors de tout danger et qu'il peut mener un rythme de vie habituel.
Il est à noter que la pathologie dont était atteint ce bébé n'est certes pas très fréquente, mais c'est un genre qui existe et qu'on avait tendance à les traiter à l'étranger. Pourtant, le coût d'une pareille intervention en France par exemple coûte près de 30.000 euros, soit l'équivalent de 50 000 dinars tunisiens, alors qu'il est de 10 000 DT seulement chez nous, soit cinq fois moins cher ! Et avec une éventuelle prise en charge par les mécanismes d'assurance-maladie, cela allégera considérablement le fardeau des patients et de leurs parents tout en faisant économiser à l'Etat des sommes considérables en devises fortes.
Toujours est-il que cette nouvelle réussite de la médecine tunisienne vient confirmer une réputation et une crédibilité de nos compétences médicales, déjà solidement établies.
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