Après avoir adopté un budget transitoire, les artistes ont décidé de se mettre au travail. Et d'engager les poursuites judiciaires contre l'équipe de Manu Dibango.
L'assemblée générale (Ag) du 16 mars dernier, était un rendez-vous de routine. Sans de grands enjeux. La principale chose ayant suscité les émotions des artistes portait sur les résultats de l'audit indépendant, produit par le cabinet Bekolo and Partners, sur la gestion de la Cameroon music corporation (Cmc). Ceux-ci ont été approuvés par l'Ag. Il en ressort qu'il y a eu : 132 millions de pertes cumulées ; un trou de 140 millions à reverser aux artistes ; une dette fiscale avoisinant 57 millions (avec les pénalités), à cause du non reversement de la Tva par les responsables de la Cmc " Ce qu'on peut en retenir, c'est qu'on est revenu en arrière.
Lors de la refondation, on avait dit que la Cmc démarrait avec zéro Fcfa. La vérité au regard des résultats de l'audit, c'est qu'on a commencé la 2e République, avec un lourd déficit de 171 millions Fcfa. On l'a su après, parce que c'était des dettes fiscales, pour la majorité, mais des dettes aussi, envers les autres sociétés civiles de gestion collective à qui, l'équipe de Manu n'a pas reversé leur quote-part ", accuse Foly Dirane.
A l'unanimité, les membres de l'Ag vont donner mandat au conseil d'administration de poursuivre l'équipe de Manu en justice. " Le cabinet d'audit a indiqué qu'il y a eu des manoeuvres qui s'assimilent à des détournements des biens communs de la société. Les coupables de cette distraction des fonds doivent être punis. "
Devant le tribunal des membres (artistes), le conseil d'administration de la Cmc, a fait une esquisse de son bilan après vingt-trois (23) mois d'activité. Après la présentation des bilans financiers des exercices 2005 et 2006, des programmations ont été élaborées sur le budget 2007. Ce budget transitoire s'équilibre en recettes et dépenses à près d'un demi milliard de Fcfa. " Il s'agit d'un budget susceptible de connaître une hausse importante grâce aux ouvertures et à la perfusion financière venant du contrat avec le Gicam et de l'accord conclu avec les sociétés brassicoles ", clame un artiste. On annonce également l'élection d'un commissaire aux comptes.
Management participatif
Après vingt-trois (23) mois à la tête de la société, Sam Mbendé affirme que son équipe court toujours après seize mois d'indemnités impayées. Le fonctionnement n'est toujours pas sorti de sa grippe financière. Il manque de moyens suffisants pour supporter les charges de l'entreprise. Le personnel continue d'être rémunéré avec beaucoup de retard. Il perçoit encore des indemnités. L'Ag s'est penchée sur le sujet.
Il en est de même des questions techniques et des grosses rentrées qui proviendront des débits de boisson et des sociétés brassicoles. Mandat a été donné au conseil de faire pression sur les exploitants des médias audiovisuels à capitaux privés qui traînent le pas à payer les droits d'exécution publique des oeuvres artistiques.
Les travaux ont démontré qu'il y a des performances à améliorer sur le plan du fonctionnement. L'inexpérience du personnel, quant à elle, suggère des stages de recyclage et les séquences de formation. En même temps qu'il sera question de rattraper des incohérences au niveau de la comptabilité, le conseil a promis de corriger les insuffisances et les faiblesses qui déteignent sur les collectes.

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