Cameroon Tribune (Yaoundé)

Cameroun: Littérature, l'anthologie qui fâche

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Le lancement de l'ouvrage " Anthologie de la littérature camerounaise " mardi a suscité des critiques nourries,notamment sur le choix des auteurs.

On a frôlé l'étripage verbal - et même physique - mardi soir lors du lancement de la toute première anthologie de la littérature camerounaise. Raison de la brouille entre les concepteurs du projet, notamment la Coopération française représentée par la directrice du Ccf de Douala, Nadia Derrar, les écrivains et chercheurs camerounais : le choix de certains auteurs figurant dans l'anthologie. La toute première, globalisante, puisque les anciennes étaient surtout confinées à la poésie. Premier à " démonter " le travail du groupe des neuf, Gervais Mendo Ze. L'auteur de " La forêt illuminée ", tout en appréciant le travail, a regretté que son nom n'y figure pas. Pour le ministre délégué auprès du ministre de la Communication, qui ne comprend pas l'approche des auteurs, il s'agit manifestement d'une anthologie " sélectionnée ".

Autres critiques au livre publié aux éditions Afrédit, la faiblesse du niveau du comité scientifique - s'il y en a eu un - ; la légèreté avec laquelle des auteurs sont traités. Alors que le livre a nécessité plus de deux ans de travail. On note, dans le volet " musique contemporaine ", de gros absents tels Eboa Lotin ou Claude Ndam. Ou encore le fait qu'un genre majeur de la littérature camerounaise, le théâtre, n'y soit pas assez représenté par les nombreux auteurs dramatiques de notre littérature.

En face, on se défend comme on peut. Fernando D'Almeida, membre du comité de pilotage du projet : " Une sélection provoque toujours un mécontentement. C'était une volonté de mettre en valeur des auteurs plus anciens ". Marcelin Vounda Etoa, membre du groupe de chercheurs et enseignants : " La sélection des auteurs a été difficile, nous l'admettons. Certains se retrouvaient un peu confinés quand on les sélectionnait par genre. La dynamique était inspirée par la littérature orale urbaine. C'est pour cela que l'on retrouve un certain nombre de chansonniers ". Nadia Derrar : "Ce n'est pas une encyclopédie, ni un dictionnaire. C'est plus une vitrine de la littérature camerounaise ". Quant à Jean Ferdinand Tchoutouo, autre membre du comité de pilotage, il pense que si l'édition des textes dramatiques pose encore problème, le découpage de la littérature camerounaise suivant ses différentes périodes historiques n'a permis de retenir que des auteurs majeurs ayant marqué lesdites périodes.

Au finish, on retient avec l'éditrice Simone Edzoa et l'ambassadeur de France au Cameroun, qui assistaient à l'échange houleux, que cela dénote de l'importance et du dynamisme de la littérature camerounaise. " L'ouvrage de 315 pages, préfacé par le ministre d'Etat, ministre de la Culture Ferdinand Léopold Oyono est un panorama de la littérature camerounaise des origines à nos jours. Il se veut accessible au grand public, et comporte des textes en français, anglais, espagnol, allemand pidgin, et autres ", explique Georges Serre. Sauf qu'il faudra penser, comme le suggère Fernando D'Almeida au diplomate français, à une autre édition complétée, qui correspondrait mieux au mastodonte qu'est la littérature camerounaise.


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