Le Phare (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: La RDC menacée par ses «voisins»

Kinshasa — C'est la remise en question ou presque, pour la République Démocratique du Congo, de ses frontières telles que définies à la Conférence Internationale de 1885 à Berlin.

A l'Est, à l'Ouest, au Nord comme au Sud, les velléités d'invasion et d'occupation de son territoire ne cessent de se multiplier. Alors que les incursions rwandaises, ougandaises et burundaises, sous couvert de droit de poursuites contre les forces négatives restent récurrentes sur le flanc Est; que l'occupation du territoire de Kahemba par les troupes angolaises n'a pas fini de diviser la classe politique congolaise, que la Zambie est en train d'afficher ses intentions expansionnistes au Nord-Katanga (territoire de Kapingu), l'Ouganda vient de s'inviter de nouveau en Ituri.

En effet des sources militaires font état d'accrochages entre militaires ougandais et ceux des FARDC le long de la rivière Semliki, à une soixantaine de kilomètres de Bunia, chef-lieu du district de l'Ituri. Le mobile de cette «promenade» des Ougandais en terres congolaises demeure inconnu.

Selon Radio Okapi, plus d'un millier d'éleveurs Mbororo du Soudan ont envahi, le week-end dernier, les villages de Mompoye et Ezo, dans la cité de Ango, à plus ou moins 500 Km de Kisangani, dans la Provinciale Orientale. Après avoir chassé les autochtones congolais, ils se sont accaparés de leurs habitations et champs. Apparemment, ils donnent l'impression de s'est être installés pour une longue durée. L'administrateur du district du Bas-Uélé, dépassé par les événements, ne sait à quel saint se vouer pour faire déguerpir les envahisseurs.

Toujours la langue de bois Pendant que ça bouillonne aux quatre coins des frontières nationales, les autorités congolaises continuent de brillent par la langue de bois. Et lorsqu'elle se décident à dire un mot, c'est pour verser dans la contradiction, à l'image du ministre Denis Kalume de l'Intérieur, convaincu que l'Angola n'a pas occupé des terres congolaises à Kahemba, et de son collègue des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale, Antipas Mbusa Nyamwisi, qui soutient le contraire.

Les Congolais sont fort troublés de noter que des pans entiers de leur pays sont en train de tomber entre les mains de leurs voisins pendant que leurs gouvernants prônent la patience et les négociations, dans une ambiance délétère de querelles internes dues à des approches divergentes d'une question de souveraineté et d'intérêt national plus qu'évident.

La grande interrogation qui revient à l'esprit est de savoir combien de temps il va falloir à la RDC pour se doter d'une armée nationale capable d'une riposte conséquente en cas de trouble de la paix intérieur et d'aliénation d'une portion du territoire national. Car l'attitude de compromis voire de compromission qui se dégage des prises de position officielle face aux événements de Rutshuru, de Kahemba, de Kipungu et de Ango pourrait donner des idées aux Centrafricains et Congolais de Brazzaville, qui partagent une longue frontière commune avec notre pays. Au rythme où vont les choses, on risque de se réveiller un jour avec un pays géographiquement rogné à l'Est, à l'Ouest, au Nord et au Sud, au vu et sur de ceux qui sont censés défendre son intégrité et sa souveraineté.


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