Nouri Zyad
30 Mars 2007
Du 19 au 22 avril prochain, la ville de Zagora, porte du désert du Sud-est marocain, abrite la première édition du Festival international des musiques africaines « Magic Drâa», organisé à l'initiative de l'Association Drâa Magic.
Plus d'une dizaine de troupes africaines du Maroc, du Cap Vert, d'Afrique du Sud ou encore d'Allemagne, sont invitées à partager, quatre jours durant, des moments de bonheurs et de liesse avec la population locale.
Prendront part à cette manifestation culturelle et artistique des troupes africaines venues d'Afrique ou d'Europe les Houssine Kili, Radio Marrakech (Allemagne), Sam Tschabalala (Afrique du Sud), Therizina Araujo (Cap Vert).
Les chants et danses populaires de la vallée de Drâa seront également présents lors de ce rendez-vous, notamment la célèbre troupe Rokba et son ensorcelant maestro «kartaoui ». Des spectacles, organisés en plein air, seront assurés par les troupes Dakat Saif, Ahouach Kelâat Megouna, Gnaoua El khamlia, Ahidous Amezrou.
A presque 600 km de la capitale, Tazagourt qui signifie « trésor », le toponyme amazigh dont la palmeraie porte le nom, entend ainsi partager ses lumières, son désert magnifique, ses palmeraies verdoyantes et sa luminosité nocturne.
De tradition, la ville se montre modestement accueillante et conviviale. En plus de ses deux rendez-vous nationaux : « Les arts et danses populaires de Drâa » et « le Festival du film trans-saharien », Zagora veut s'ouvrir davantage sur l'extérieur. Pour partager aussi bien son charme que ses mystères. Tous les événements animant les espaces de la ville étant complémentaires.
Le Magic Drâa sur lequel les acteurs culturels comme les professionnels du tourisme comptent beaucoup pour valoriser le riche potentiel de la palmeraie, intervient à un moment où Zagora entend suivre la voie du développement local.
La tendance artistique et culturelle qu'ambitionne d'adopter cette manifestation s'oriente vers le patrimoine musical d'Afrique en général, pour revivifier ce rôle d'intermédiation entre l'Afrique et le Maroc. Ici, tout le monde saisit le rôle de carrefour qu'occupait la ville autrefois dans le commerce transsaharien. Pour atteindre Tombouctou, il fallait ainsi 52 jours, la trace est encore gravée à l'entrée de la ville.
Bercée dans un lit de palmiers, parfumée d'odeur de grenadiers, Zagora la ville au confins du désert, semble toujours avoir gardé son enchantement de la saison printanière
C'est de cette région qu'au XI siècle, la dynastie des Sâadiens conquit la vallée du Souss et plus tard tout le Maghreb. Leur amour des conquêtes les a menés jusqu'à Tombouctou.
Zagora n'est pas seulement un relais pour des escapades vers le désert, mais aussi un panorama aux différents paysages permettant de découvrir une faune et une flore d'une diversité impressionnante.
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