Rich Ngapi
31 Mars 2007
Kinshasa — « La place de la nouvelle RDC dans le développement et l'intégration du secteur électrique africain », tel est le thème central de la conférence-débat organisé le jeudi 29 mars 2007, au Forum Lubumbashi du Grand Hôtel Kinshasa, par le secrétariat général de l'Union des producteurs, transporteurs et distributeurs d'énergie électrique d'Afrique (UPDEA).
Il a été question de réfléchir pour voir comment la RDC pourra jouer le rôle de leader dans la fourniture de l'électricité vers d'autres pays africains qui sont grandement dans le besoin. Car, selon le secrétaire général de l'UPDEA, l'ingénieur Mutima Sakrini Herman, tout le monde a les yeux tournés vers le Congo, et ce serait un rendez-vous manqué si ce pays n'arrivait pas à réformer son secteur électrique et à s'ouvrir aux autres. « L'énergie hydroélectrique congolaise peut générer des recettes plus que le diamant, plus que le cuivre ou l'or », a-t-il indiqué.
UN LEADER QUI S'IGNORE
Dans son exposé, l'expert de l'UPDEA a fait remarquer que la République démocratique du Congo (RDC) a tous les atouts pour se développer dans un avenir proche et jouer un rôle de premier plan en Afrique. Et le premier atout, c'est son important potentiel hydroélectrique évalué à 100.000 MW dont 44.000 MW au seul barrage d'Inga. « Si on vend par exemple 1000 MW, le Congo gagnerait 500 millions de dollars par an », a estimé Mutima.
Or, le constat fait à ce jour est amer : sur 60 millions d'habitants, seulement 443.000 abonnés (7%) ont accès à l'énergie électrique en RDC. Pour sortir de cette situation, il y a urgence d'apporter une réforme au secteur électrique.
D'autres paramètres importants de cette réforme sont, entre autres, la reconversion des mentalités. Il faut éviter le gaspillage et que tous payent leurs factures, en commençant par le sommet de l'Etat.
LIBERALISER LE SECTEUR
« Je ne conseillerais pas de privatiser la SNEL, étant donné que l'expérience a échoué dans plusieurs autres pays africains », a déclaré Herman Mutima. Il a plutôt proposé que l'on puisse libéraliser le secteur, en confiant par exemple la distribution ou le recouvrement à d'autres partenaires. La SNEL pourra ainsi garder le monopole du transport de l'énergie, vu l'immensité de l'étendue du territoire national.
L'UPDEA est une organisation continentale, à but non lucratif, qui regroupe les sociétés de production, transport et distribution d'électricité en Afrique ainsi que les organismes africains ou étrangers dont les activités participent au développement du secteur électrique africain. Son but, c'est de promouvoir le développement et l'intégration du secteur électrique africain par interconnexion des réseaux électriques, l'échange d'expériences et de savoir-faire ainsi que l'exploitation en commun des ressources énergétiques sur la base d'une approche gagnant-gagnant pour tous les membres.
Pour jouer un rôle plénier dans les initiatives énergétiques africaines, l'UPDEA a l'ambition de demeurer un instrument efficace à la disposition des pays africains pour amener les sociétés d'électricité tant publiques que privées, les bailleurs de fonds et les partenaires au développement, à contribuer solidairement à l'accroissement du taux d'accès des populations africaines à l'électricité.
Créée en 1970, l'UPDEA est basée à Abidjan, en Côte d'Ivoire, et compte 52 membres à ce jour.
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