Le Patriote (Abidjan)

Cote d'Ivoire: Situation des droits de l'homme

L'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) a déploré jeudi, au cours de la présentation de son 6e rapport périodique sur la situation des droits de l'homme en Côte d'Ivoire, couvrant les mois de mai à août 2006, les graves violations des droits de l'homme commises tant par les éléments des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et ceux des Forces Armées des Forces Nouvelles (FAFN) que par les membres de différentes communautés dans le cadre des conflits intercommunautaires.

Le rapport présenté par M. Simon Munzu, Chef de la Division des droits de l'homme, épingle également les "Jeunes patriotes", les milices et les groupes armés se livrant à des exactions et créant l'insécurité à l'ouest et surtout dans la zone de confiance.

Devant la presse nationale et internationale M. Simon Munzu a relevé les nombreuses violations des droits de l'homme en zone gouvernementale, liées au processus d'identification et qui constituaient l'expression violente des positions divergentes sur la tenue des audiences foraines. Ce climat politique tendu a été exacerbé par les discours des hommes politiques, suivis par leurs différents partisans ou sympathisants, sur le maintien ou non de M. Laurent Gbagbo dans ses fonctions de Président de la République après le 31 octobre 2006.

Le rapport souligne également l'usage excessif de la force et le racket par les FDS dans leurs opérations de sécurisation et de contrôle d'identité.

Dans la zone sous contrôle des FN, le rapport fait état des fréquents cas de détention de personnes accusées d'infiltration ou d'intelligence avec l'ennemi. On note également, dans cette zone, des cas de viols sur mineurs qui n'ont pu être suffisamment documentés, les victimes de ces actes et leurs parents se montrant réticents à rapporter ces cas à l'ONUCI par peur de représailles.

Abordant la situation qui prévaut dans la zone de confiance, le Chef de la Division des droits de l'homme a déploré les nombreuses violations des droits de l'homme orchestrées par des criminels, des individus armés, des milices, des «Dozos» (chasseurs traditionnels) et autres bandes armées qui sévissent en toute impunité. L'ONUCI y a répertorié des cas d'assassinat, de tueries, de confiscation de biens privés, d'enlèvements, de disparitions et d'exactions continuelles portant atteinte à l'intégrité physique des personnes.

Le rapport relève la récurrence des violences intercommunautaires qui se sont cristallisées principalement dans les régions du Sud-est à Alépé et de l'Ouest à Bangolo, entraînant de graves violations des droits de l'homme, dont les atteintes à la vie, à l'intégrité physique, ainsi qu'au droit de propriété.


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