Cameroon Tribune (Yaoundé)

Cameroun: Permis de chasse oblige

Déjà sélective sur les espèces autorisées de chasse, la loi règlemente l'activité avec rigueur.

Dans toute la province du Littoral, ils sont trois. Deux expatriés et un national. Ce sont les seuls à avoir obtenu un permis de petite chasse du délégué provincial des Forêts et de la Faune en 2006. Et par conséquent, à être autorisés à chasser les animaux de la catégorie C de la classification des espèces protégées. La catégorie A représentant les animaux strictement interdits de chasse (lions, léopards, éléphanteaux, crocodiles, tortues, etc.), et la B des animaux protégés, mais autorisés de chasse sous certaines conditions. Petit problème. Nos chasseurs en règle font tous de la chasse sportive, c'est-à-dire par loisir. Tandis que, embusqués dans les fourrées des forêts profondes du Littoral, ils sont plusieurs dizaines, sans autorisation aucune, ne reversant pas de taxes d'abattage, qui déciment parfois des spécimens en voie de disparition de notre faune.

La loi est pourtant extrêmement précise quant aux conditions de chasse et de vente de gibier au Cameroun. La petite chasse, registre commun de l'activité, est assujettie à un permis délivré par les délégués provinciaux et permet à l'amateur de battue de mener ses activités dans l'étendue de la province. Les permis de moyenne et de grande chasse (qui permettent par ailleurs de chasser le gibier de la catégorie B), sont eux signés du ministre des Forêts et de la Faune.

Les chasseurs détenant leurs permis se doivent ensuite de déclarer leurs prises, qui sont ensuite soumises à des taxes à reverser à l'Etat. A côté du permis de chasse, son pendant, le permis de collecte donne la possibilité à un particulier de collecter les pièces de gibier auprès des chasseurs et d'en faire commerce sur toute l'étendue du territoire. A chaque permis de chasse devrait correspondre un permis de collecte. Mais Julienne Djipdom, chef de service provincial de la faune et des aires protégées pour le Littoral, explique que la délégation provinciale a été obligée de gérer la question autrement.

" Plutôt que de laisser tout le monde dans une illégalité que nous aurions du mal à contrôler, nous donnons la possibilité aux revendeurs de venir acquérir des permis de collecte pour que l'Etat ait quand même quelque chose ", précise le chef de service. S'il y a plus de permis de collecte que de permis de chasse, on reste toutefois très en deçà du nombre réel des personnes qui vivent du trafic de gibier. Tout le reste, demeure dans le champ de la contrebande. " Toute personne surprise avec un animal protégé en tout ou en partie, est censé l'avoir tué ", complète Jean Medjo, le chef de service provincial des forêts, pour indiquer que cette illégalité concerne jusqu'aux restauratrices au bout de la chaîne. Mais, termine-t-il, la loi étant appliquée par des hommes, les pouvoirs publics font montre de souplesse pour ceux qui ne sont pas directement impliqués.


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