Pascale Bikele refuse de quitter le territoire français. Elle passe au tribunal ce matin.
Pascale Bikele, jeune femme camerounaise de 21 ans vivant en France, devait être expulsée vers le Cameroun jeudi 5 avril. A l'aéroport de Strasbourg (sa ville de résidence), elle a refusé d'embarquer. Elle devait, via Paris, être expulsée vers son pays d'origine. Selon un témoignage publié dans La Feuille de Chou n°590 à 10h50 (http://schlomoh-.blog.lemonde.fr/) du ministère de l'Identité nationale et de l'Immigration, plusieurs membres de Réseau éducation sans frontières (Resf 67) du Bas-Rhin étaient, dès 6 heures ce jour-là, à l'aéroport de Strasbourg-Entzheim. Par solidarité pour Pascale Bikele transférée depuis le Centre de rétention de Geispolsheim pour être expulsée vers le Cameroun.
Aux passagers en partance pour l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle à Paris, un document s'opposant à l'expulsion de Pascale Bikele, rédigé par des militants du Resf 67, a été distribué. Sur ce document, est écrit ceci : " Sur votre vol est embarquée, contre son gré, Pascale Bikele, jeune femme camerounaise de 21 ans. Elle va, via Paris, être expulsée vers le Cameroun. Arrivée en France en 2002 pour rejoindre son père, elle a été scolarisée jusqu'à ce qu'une absence de papiers la contraigne à arrêter ses études. Son père en effet, avait gardé son passeport et a disparu du jour au lendemain.
Elle a une partie de sa famille en France, notamment huit (8) oncles et tantes paternels avec qui elle a des contacts. Son petit ami est français. Elle souhaite ardemment rester en France et craint de partir au Cameroun où elle n'a plus de liens familiaux ou amicaux. C'est ici qu'elle a commencé à construire sa vie, avec sa famille et ses amis, c'est ici qu'elle veut vivre. Nous vous demandons de manifester votre solidarité et de demander à ce qu'elle soit débarquée. "
Après le refus d'embarquer de Pascale Bikele et la fin des opérations d'embarquement, les militants Resf ont subi un contrôle d'identité de deux (2) agents de la Paf. L'avocat de la jeune Camerounaise a pu la voir dans les locaux de la Paf. Conduite devant le juge des libertés et de la détention, Pascale Bikele a été inculpée de refus d'embarquer et gardée à la Maison d'arrêt. Dans la soirée du lendemain, vendredi 6 avril, le juge des libertés et de la détention a décidé de maintenir Pascale Bikele en Maison d'arrêt jusqu'à l'audience au tribunal de grande instance (Tgi) de Strasbourg, prévue ce mardi 10 avril à 14h30.
" Il serait bon que certains se rendent à cette audience (Rendez-vous dans la salle des Pas- perdus à 14h15, son avocat est M. Dabo) : il s'agit, par notre simple présence, de lui manifester notre présence et de montrer au juge qu'elle est soutenue ", souhaite les responsables et autres militants de Resf 67. A la suite de cette association, d'autres regroupements de défense des droits de l'homme se mobilisent et appellent à un soutien indéfectible en faveur de Pascale Bikele.

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