Ibrahima Diaw
11 Avril 2007
Oikocredit est une institution privée de financement pour le développement. Depuis 30 ans, elle appuie des projets générateurs de revenus en faveurs des communautés défavorisées. Dans ce sens, elle vient d'injecter au Sénégal plus de 300 millions de francs Cfa.
On ne prête qu'aux riches. Cet adage, Oiko crédit n'en fait pas sien d'autant qu'elle s'est engagée depuis une trentaine d'années maintenant, à financer ceux que les banques classiques refusent de soutenir, c'est-à-dire les couches défavorisées. C'est dans cette optique que cette institution privée de financement pour le développement a octroyé, à la Mutuelle d'épargne et de crédit du Djoloff (Djomec), une enveloppe de 300 millions de francs Cfa et 27 autres pour la Mutuelle d'épargne et de crédit du Delta (Mec Delta).
Ce montant, dont la chèque a été remis, samedi dernier, à Linguère, aux responsables de la Djomec, facilitera la mise en oeuvre de la stratégie de collecte de ressources additionnelles de la mutuelle du Djoloff. Surtout qu'elle est obligée, depuis quelque temps, de faire face à la demande, de plus en plus forte, de financement de activités de la population de cette zone sylvopastorale estimée à 120 000 personnes, et dont l'écrasante majorité est constituée d'éleveurs, de producteurs agricoles d'artisans et de commerçants.
Des financements qui partent pour soutenir l'accès aux intrants et aux équipements agricoles, aider à la commercialisation et à la transformation des produits locaux, des crédits aux éleveurs pour moderniser leurs exploitations, rentabiliser leurs activités grâce à un crédit adapté qui permette de disposer d'aliments de bétail et de produits vétérinaires.
Toutes choses qui vont lui permettre ainsi de consolider ces acquis dans la prestation de services de qualité et la mise à disposition de produits adaptés aux besoins de ses membres. Cet appui va aussi permettre à la Djomec d'accentuer les innovations financières et technologiques avec l'installation de guichets automatiques, le transfert d'argent, le rachat des dettes, la mise en réseau de ses agences et le renforcement des capacités techniques de ses agences et organes.
Ce partenariat avec cette institution basée aux Pays-Bas, de l'avis de son directeur pour le Sénégal, Sambou Coly, permet d'offrir un système de formation durable de proximité. Il s'agit aussi d'accompagner, de conseiller les producteurs des dites zones. Ce qui cadre parfaitement avec la philosophie de Oikocredit qui signifie une croyance en la capacité des pauvres à se construire une vie meilleure, si seulement on leur en donne la possibilité, si seulement on leur donne accès au crédit.
Et en tant que produit d'investissement socialement responsable, renchérit la directrice régionale pour l'Afrique francophone, Mme Mariam Dao Gabala, Oikocrédit s'investit dans la recherche d'une justice globale en transformant les investissements en crédits. 'Nous cherchons à atteindre un impact social positif et un développement durable', développe Mme Dao.
Aussi, à travers cet appui, Djomec cherche à promouvoir et à développer l'épargne locale d'une part, et d'autre part à attirer celle des djoloof-djoloff de la Diaspora. L'atteinte de cet objectif, fait savoir Mme la directrice, permettra aux pauvres, aux micro entrepreneurs et aux ménages à faibles revenus, d'une part d'avoir un accès accru et pérenne aux services financiers et d'autre part, d'améliorer leurs revenus et leurs conditions d'existence.
Aux femmes aussi, la Djomec accorde une place de choix d'autant qu'elles constituent la majorité des adhésions individuelles et collectives. Elles sont plus de 4 000 contre seulement 2 700 hommes et 222 groupements ou associations de promotion féminine contre 168 groupements chez les hommes, révèle le président du Conseil d'administration, M. Aly Ngouye Ndiaye.
En dépit de leur faible présence dans les organes de direction et de gestion de la mutuelle, poursuit-il, elles ne sont pas marginalisées dans la distribution des crédits car elles ont bénéficié de 40 % des crédits octroyés malgré leurs faibles revenus.
Aujourd'hui, le crédit de construction dont le plafond est fixé à 5 millions de francs Cfa demeure, aux yeux de M. Ndiaye, le produit le plus attractif pour les fonctionnaires qui rêvent tous d'un toit.
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