Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: Problématique du riz, les explications de l'Arm

L'administrateur de l'Arm impute la responsabilité de la problématique du riz à l'Etat et aux importateurs. Mais une solution existe.

Pour s'être beaucoup occupée de la problématique du riz, l'Agence de régulation des marchés (Arm) sait de quoi elle parle. Surtout lorsqu'elle a été contrainte à le faire par des membres du Conseil de la République pour les affaires économiques et sociales (Cr). 'Je vais vous expliquer clairement.

Vous avez dit que la Thaïlande achète toute sa production pour soutenir ses paysans. Non, la Thaïlande n'achète qu'une petite partie de sa production pour se tenir les prix du producteur. Il y a une différence qu'il faut comprendre', a précisé l'administrateur de l'Arm.

S'exprimant devant les conseillers de la République, Alioune Cissé fera savoir que le riz est produit pour être consommé et non pour être vendu. 'Le marché du riz est résiduel. Nulle part dans le monde, on ne produit du riz pour le vendre. Le marché commercial du riz sur le plan mondial, c'est à peine 5 à 6 % de la production. C'est donc un marché fragile. Personne ne produit du riz pour le vendre. On produit du riz pour l'autoconsommation', a-t-il expliqué.

A ce propos, il a évoqué le caractère dangereux de la fragilité des importations de riz au Sénégal. 'Au Sénégal, nous avons la particularité de consommer de la brisure de riz. C'est un sous-produit. L'autre élément, c'est que, depuis que le riz a été libéralisé en 1996 au Sénégal, il y a un glissement de comportement de consommation vers un produit de qualité. Nous consommons de plus en plus du riz parfumé. En plus, plus de 70 % de ce que nous consommons nous proviennent de la Thaïlande. Et ce riz parfumé est cultivé une seule fois dans l'année en Thaïlande dans une seule zone. Ce qui est un danger. Je ne sais si vous comprenez la fragilité des importations de riz pour le Sénégal', a souligné M. Cissé.

Selon l'administrateur de l'Arm, il n'y a pas d'importateurs de riz au Sénégal comme beaucoup de gens le croient. 'Chez nous, nous n'avons pas d'importateurs de riz. Les Bocar Samba Dièye et autres sont de gros grossistes. Ils n'ont aucune influence sur la fixation des prix', a-t-il souligné. D'où le problème de la maîtrise des importations de riz au Sénégal. Et il impute la responsabilité à l'Etat qui avait fait le choix de privilégier le segment importé, mais aussi aux producteurs. Or, rappelle-t-il, 'plus de 1 000 milliards de francs ont été investis dans la vallée du fleuve. Rien que pour le riz. Beaucoup de programmes internationaux ont été mis en place dans la vallée du fleuve' Et Alioune Cissé de s'interroger sur la destination de cet argent. 'Où sont passés tous ces milliards ?', s'est-il demandé.

Mais il y a pire, selon M. Cissé. 'Cette année, nous sommes à 90 mille tonnes de riz blanc, dont un tiers est consommé, alors que le Sénégal consomme en moyenne 600 mille tonnes. Un tiers sert au remboursement des crédits ; un tiers est commercialisé. Même cette commercialisation pose un problème. Et puis, il y a un problème de qualité qui se pose aussi', a-t-il dit.

Pour l'administrateur de l'Arm, c'est un véritable programme qu'il faut pour le riz. 'Nous avons la terre et l'eau ainsi que des producteurs qui sont capables de produire du riz. Il faut simplement une volonté politique affirmée', a-t-il indiqué.

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