Si l'Afrique doit élargir son enseignement secondaire, il faut des réformes parfois difficiles selon les contextes, mais nécessaires au regard des enjeux. Il faut aussi, dans cette voie, résoudre plusieurs problèmes dont l'accroissement et la ré-allocation des ressources budgétaires.
(ACCRA)- Une question simple : comment l'Afrique pourra-t-elle mobiliser plus de ressources financières pour faire face aux défis de l'enseignement secondaire alors qu'il y a encore à prendre en charge les défis de l'enseignement primaire ? L'interrogation surgit dans un contexte où les coûts actuels de l'enseignement secondaire ne sont pas supportables par les ressources des pays. Et même parfois selon les pays, par les familles. Adrian Verspoor de la Banque Mondiale donne le cas du Congo où, dit-il, l'enseignement secondaire coûte cher aux familles. Dans ce pays, certaines familles consacrent 80 % de leurs dépenses totales à l'enseignement secondaire.
Yaw Ansu, directeur du Développement Humain à la Banque mondiale fait relever que le coût de la formation dans le secondaire est trois fois plus élevé que celui du primaire. De plus, le coût de la formation professionnelle est 12 fois plus élevé que celui du primaire. Piste à explorer : « un meilleur dialogue pour accroître l'assistance extérieure à l'enseignement secondaire ».
La voie du dialogue social
Les conditions d'un dialogue social à l'intérieur des Etats et des communautés doivent aussi être mises en place pour faire en sorte que l'école soit perçue autrement, souligne pour sa part, Léopold Faye, directeur de l'enseignement secondaire général au Sénégal. « L'école doit être un cadre de développement de la communauté, parce que parvenant non seulement à apporter les connaissances académiques et les compétences de vie commune, mais également à former la communauté à se regarder et à prendre en charge les facteurs qui bloquent son développement », ajoute-il au débat général.
Une autre piste consiste à adopter une approche holistique du secteur de l'éducation qui prend en compte le financement global du système et détermine, à l'intérieur, la balance des priorités de façon à poursuivre les efforts pour un enseignement primaire universel et l'extension de l'enseignement secondaire.
Des participants comme Léopold Faye insistent sur la nécessité de prendre en compte le système dans sa globalité dans une logique d'harmonisation. Ce qui nécessite, à leurs yeux, des financements conséquents qui ne sont pas forcément à la portée des Etats africains. « L'exemple du Sénégal est très net à ce propos. En 2000, le pays avait un budget de l'éducation qui tournait autour de 110 milliards de F Cfa. Actuellement, il est à 250 milliards de F Cfa. Cela veut dire qu'en six ans, nous avons presque doublé ce budget. Mais, du fait de la croissance démographique, nous n'avons pas atteint tous les objectifs fixés même si nous avons fait des bonds importants », explique-t-il. Dans ce pays d'Afrique, les indicateurs montrent que les efforts sont réels. En effet, dans l'enseignement primaire, les gains sont importants, passant de 69 à 82,5 points. Dans le moyen secondaire, ils passent de 29 à 38 points actuellement. « Mais ce n'est pas suffisant », constate Léopold Faye qui pense que les Etats doivent continuer leurs efforts, que les partenaires considèrent que l'éducation est un système global et que les fonds doivent aller à tous les secteurs.
Parmi les problèmes à résoudre, Mamadou Ndoye de l'ADEA perçoit la nécessité de réviser les modèles de formation et d'utilisation de la force enseignante, des infrastructures et des équipements de façon à obtenir de meilleurs coûts efficaces et une baisse substantielle des coûts unitaires.

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