Zagora veut retrouver son rôle charnière entre le Nord de l'Afrique et les régions subsahariennes. Le panneau de signalisation à l'entrée de la ville rappelle, en effet, ce rôle essentiel : Tombouctou à 52 jours. Pour ce, elle entend s'investir dans le domaine des arts populaires et des musiques africaines. Le sens créatif de quelques potentialités locales a été ainsi derrière la première édition du Festival international des musiques populaires africaines de Zagora "Magic Drâa". L'ouverture de cette manifestation artistique est prévue pour aujourd'hui après-midi et l'activité s'étale sur quatre jours. Le public de la région venu avec celui des autres villes marocaines s'impatiente de voir et surtout d'apprécier le nouveau maestro des arts populaires marocains, en l'occurrence Mohamed Kertaoui et sa troupe de Rokba. En cela, la cérémonie d'ouverture promet rythmes ambiance.
Les locaux qui seront soutenus également par la troupe de Dekat Seif (la danse de l'épée) ne seront pas les seuls du spectacle, puisque Houssin Kili qui vient directement d'Allemagne montera sur scène pour marquer ce brassage culturel et artistique et dire au public que la musique peut parfaitement jouer ce rôle fédérateur entre les peuples d'Afrique. Dans ce sens, les troupes populaires locales et régionales d'Ahidous d'Amezrou, d'Ahwach de Kelâat M'gouna, de Gnaoua El Khamlia, ainsi que la célèbre danse de la vallée de Drâa Dekt Seif, seront côte à côte avec des troupes africaines et internationales, en l'occurrence Houssine Kili et Melo Mark (Allemagne) et Sam Tschabalala (Afrique du Sud) ainsi que Therizina Araujo (Cap Vert). Une occasion d'établir des relations artistiques et culturelle combien indispensables dans une ère de tension, de fracture et de séparation.
"A Zagora, nous sommes à notre troisième festival et nous croyons que cela reste encore insuffisant, dans la mesure où l'aspect culturel sert d'outil pédagogique à même d'accompagner et de renforcer tous les projets de développement", a déclaré à Libé, Mohamed Ali El Hilali, président de l'Association Magic Drâa.
Et pour concrétiser cette vision de la culture, les organisateurs ne se sont pas contentés des spectacles musicaux, mais ont étendu le programme à d'autres activités dont des ateliers portant sur l'art de l'orfèvrerie de la Vallée du Drâa, de la cuisine locale et régionale, d'art de la poterie et la technique qu'utilisent les populations à la construction de glaise, question de montrer aux invités, surtout de nationalité allemande, venus en grande majorité à cette première édition, cet art architectural écologique. Et pour permettre aux participants de tirer profit des paysages naturels magnifiques de la région, les organisateurs ont prévu des excursions dans le désert à dos de chameaux, des visites au village de poterie et à la bibliothèque de Tamegrout.

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