Brice Houssou
26 Avril 2007
éditorial
Le Bénin se donne de plus en plus, le manteau d'un pays de transit. Et même un peu trop. De sorte qu'à part les services, il n'y a presque plus rien pour produire de la richesse. On achète et on revend seulement.
Comble du malheur, on en est fier, on s'enorgueillit et on parle de pays clé en matière de services pour ceux de l'hinterland. L'histoire nous a jusqu'ici démontré que les pays qui ont basé leur économie uniquement sur les services se sont vu rattraper et même dépasser par ceux qui l'ont construite sur l'industrie. L'Angleterre qui a ainsi très tôt compris la leçon a distancé le Portugal et l'Espagne qui sont pourtant les toutes premières grandes Nations de commerce en Europe.
Les pays tels l'Egypte et les Etats-Unis qui ont fait leur preuve dans les services pour maintenir le cap ont, en ce qui les concerne, développé l'industrie touristique. Alors, ils ne font pas que des services comme ce qui se fait au Bénin. Ici, on tarde encore à faire la part des choses et à faire les choix qui s'imposent. Le commerce et les services en général ont pris le pas sur tout le reste. Par exemple, les autorités n'encouragent pas les banques de développement mais plutôt celles commerciales.
Les bonnes volontés ne sont pas ainsi encouragées à se lancer dans des entreprises de transformation des matières premières en produits définitifs. Il n'y a donc pas de prime à l'industrie et un stimulant pour sortir de la léthargie dans laquelle on végète, encore moins une véritable politique pour la relance du secteur industriel. Le ministre du commerce et de l'industrie qui, ces derniers jours, est monté au créneau afin de réguler la filière de la commercialisation des textiles ne dira pas qu'il ne se préoccupe pas de cette dichotomie entre les deux domaines dont il a la charge.
Mais, on est tenté de dire qu'il ne se préoccupe pas assez. En effet, le mieux aurait été qu'au lieu de s'appesantir sur la vente des textiles, il nous démontre qu'il fait d'ores et déjà du développement de l'industrie de textile sa priorité. Les bonnes dames s'en réjouiront et le pays s'en portera mieux sur le plan économique. Car, il n'y a rien de meilleur que la création de la plus value provenant des bénéfices des secteurs industriel et primaire en lieu et place de celle des bénéfices issus du commerce et des services.
Le président Boni Yayi doit donc désormais concentrer davantage son énergie sur le secteur industriel, seul gage du développement et d'un Bénin émergent que tout le peuple appelle de ses voeux.
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