Mekioussa Chekir
29 Avril 2007
Après des années de détention dans la tristement célèbre prison de Guantanamo (Cuba), sept détenus algériens vont être libérés prochainement, sur décision de l'administration américaine, a révélé, hier, le président de la Commission nationale consultative de protection et de promotion des droits de l'Homme (CNCPPDH), Me Farouk Ksentini, sur les ondes de la Chaîne III de la radio nationale.
Pour ce dernier, que nous avons joint par téléphone pour plus de détails, il s'agit d'une nouvelle importante qui dénote un revirement dans la position de l'administration Bush, influencée sans doute par le poids de l'opinion internationale qui n'a eu de cesse de dénoncer les injustices commises par les Américains dans ce pénitencier ayant battu tous les records en matière d'exactions et de violations des droits de l'Homme commises sur des prisonniers. «Toute l'affaire du Guantanamo est floue !» répondra notre interlocuteur à la question d'en savoir plus sur l'identité des détenus qui viennent de bénéficier de la mesure de rapatriement. Et d'ajouter : «Rien n'a filtré sur le profil des prisonniers qui vont être rapatriés, si ce n'est qu'ils sont des islamistes mais pas forcément des terroristes, ce qui est fondamentalement différent. J'ai même beaucoup de respect pour les islamistes qui ont des convictions religieuses.»
Sur un total de 29 prisonniers nationaux, informe le président de la Commission en charge des droits de l'Homme en Algérie, les prisonniers libérables peuvent compter parmi eux les Algéro-Bosniaques ayant été incarcérés il y a quelques années dans cette lugubre prison qui compte pas moins de 600 détenus de différentes nationalités, pour la majorité des musulmans, soupçonnés d'activités terroristes, mais dont la majorité n'a pas encore bénéficié d'un jugement en bonne et due forme.
Quant à savoir leur statut juridique une fois rapatriés en Algérie, Me Ksentini informe qu'ils seront accueillis, en premier lieu, par les autorités policières qui mèneront une enquête pour déterminer leur implication ou non dans une quelconque affaire. «S'ils n'ont aucun antécédent judiciaire, ils seront immédiatement libérés ; dans le cas contraire, il s'agira de voir s'ils tombent ou non sous le coup des dispositions de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale !» explique la même source qui ajoute : «Quel que soit leur sort ici, il sera certainement meilleur que celui qu'ils subissaient à Guantanamo où ils ont fait les frais de toutes sortes d'insultes et d'injures !» Me Ksentini relèvera avec satisfaction le «réveil» des autorités américaines qui ont jusque-là agi en toute impunité : «Ces dernières semblent reconnaître leur erreur, je me demande quelle aurait été la situation si un autre pays avait avoué emprisonner des centaines de personnes sans jugement. C'est la loi du plus fort !» conclut-il.
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