M.b.r.
29 Avril 2007
«Comment plaider ?», un thème de tout intérêt d'une conférence organisée par l'Association des jeunes avocats le 27 avril 2007.
«La plaidoirie orale est en crise» ! C'est la sentence rendue par Maître Béchir Ferchichi, avocat près la Cour de cassation et enseignant universitaire. Ce constat d'un connaisseur dans le domaine prend appui sur un ensemble de réalités patentes.
De l'aveu de Me Ferchichi, cette situation est la résultante d'un concours de faits observés depuis voici quelques années déjà.
Les participants à cette conférence, une pléiade de maîtres chevronnés, de jeunes avocats et autres étudiants en droit, prêtaient une oreille attentive pour découvrir les raisons d'une telle tournure.
Le nombre de plus en plus élevé des affaires en procès a été mis à l'index comme étant la cause première de la crise de la plaidoirie. «L'encombrement est l'ennemi numéro un des avocats !». Et d'ajouter : « Les plaidoiries deviennent trop succinctes. Ce n'est ni logique ni professionnel. Elles devraient, en théorie, prendre le temps qu'il faut sans tenir compte d'autres paramètres extérieurs».
La situation est préoccupante, d'autant plus que le corps de métier ne semble pas se soucier, outre mesure, de la gravité de l'état des lieux. «Nous sommes face à deux choix, ou bien ranimer la plaidoirie orale ou bien s'en débarrasser complètement en se limitant à des rapports écrits», s'est écrié Me Ferchichi lors de son intervention intitulée : «Les techniques de plaidoirie».
Quelles techniques pour les plaidoiries ?
Les techniques de plaidoirie sont de deux types, selon les écoles. La première prône l'improvisation. Elle nécessite des prédispositions d'éloquence insoupçonnées. Cela revient à dire qu'il faut pouvoir tenir des propos cohérents, clairs et savants. Pas la peine donc de s'y aventurer si l'avocat n'est pas en possession d'un tel don. La deuxième école se veut plus académique et plus ordonnée. Et de ce fait, plus sécurisante. La plaidoirie serait réduite, dans ce cas, à un texte lu d'une feuille.
Le port de l'uniforme pour l'avocat (la fameuse robe noire) a également figuré parmi les intérêts de la séance. Il soulève une problématique de fait : certains avocats ne daignent plus le porter. «L'uniforme est une sorte d'emblème pour notre métier. Il accomplit l'aura d'un avocat. Portons-le», exhorte Me Ferchichi.
Qu'attend un juge d'un avocat ?
Pour sa part, M. Hassan Ben Flah, premier substitut du procureur général près la Cour de cassation, a donné une communication dans laquelle il a posé la question : «Qu'attend un juge de l'avocat ?». M. Ben Flah indique: «D'abord qu'il maîtrise bien ses textes de loi, actualisés et amendés, qu'il ait une parfaite connaissance de son dossier et, enfin, qu'il fasse preuve d'une attitude respectueuse envers la cour et envers la partie adverse».
Dans cette même logique, le conférencier s'est attardé sur un point jugé «primordial» pour permettre l'établissement de bons rapports juge / avocat.
«Quand l'avocat se limite à exposer les faits matériels intégralement et sans interprétations subjectives, le juge verra cela d'un bon oeil», confie M. Ben Flah, avant de conclure par une métaphore significative : «L'avocat et le juge sont les deux ailes grâce auxquelles volera la justice, ils sont complémentaires et plaident pour la même cause, celle de faire triompher la justice et l'équité ».
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2007 La Presse. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.