Le Messager (Douala)

Cameroun: Mototaxis - le temps de la formation

Honor? Foimoukom

4 Mai 2007


Le Syndicat national des exploitants des auto-écoles du Cameroun (Sneaec) et l'administration décident de mettre les conducteurs de " bend skin " au pas.

Depuis lundi 23 avril, un communiqué du préfet du Wouri, Bernard Atebede, est diffusé sur les ondes du poste national et de certaines chaînes (station provinciale du Littoral et Fm 105) de la Cameroon radio and television (Crtv), appelant les conducteurs de motos-taxi à aller se faire former dans des auto-écoles, en vue d'obtenir chacun un permis de conduire de catégorie A. " Tous ceux qui, dans un délai de moins de six mois, ne seront pas en possession du permis devront s'abstenir de conduire une moto, car des contrôles systématiques seront organisés sous ma supervision et celle des sous-préfets, pour assainir ce secteur d'activité ou le non respect des règles du code de la route est à l'origine de multiples accidents qui endeuillent de nombreuses familles et emportent la vie de nombreux citoyens, les chauffeurs de moto taxis y compris ", précise le numéro un du département du Wouri.

Par la même occasion, Bernard Atebede révèle aux conducteurs de mototaxis qu'en partenariat avec la communauté urbaine de Douala, le Syndicat national des exploitants des auto-écoles du Cameroun (Sneaec) subventionne leur formation à 90 %, jusqu'en septembre prochain. " Nous avons constaté qu'il ne peut y avoir de véritable changement de comportement des conducteurs de moto taxis sans formation préalable. Alors, nous avons décidé d'encourager les conducteurs de moto taxis à se former en subventionnant leur formation à 90 % auprès des auto-écoles durant la période de six mois. Les conducteurs de mototaxis prêts pour cette campagne doivent payer seulement une somme de 11.000 Fcfa auprès des auto-écoles pour leur formation. Plus de quarante auto-écoles se sont engagées à participer à cette campagne ", révèle François Ngah Messobo, président provincial du Sneaec pour le Littoral.

On attend septembre 2007 pour la répression

La résolution de former les conducteurs de mototaxis, prise par le Sneaec, rentre en droite ligne du tout premier communiqué pris par le préfet du Wouri, le 4 avril, visant à réglementer cet important secteur du transport urbain. C'est avec impatience que les forces de l'ordre attendent la fin du délai imparti aux conducteurs de mototaxis pour mettre en application la mesure du préfet. " Dès septembre prochain, nous nous mettrons aux trousses des conducteurs de mototaxis. Tous ceux qui ne seront pas en règle seront simplement interpellés et leurs motos jetées en fourrière. Plusieurs fois, on a pris des mesures puis on a toléré. Cette fois-ci, il n'y aura pas de tolérance. Tout simplement parce qu'on leur a donné du temps pour se former et obtenir chacun un permis de conduire de catégorie A ; celui qui permet de rouler à moto ", confie un élément de police du service de la circulation au commissariat central n°1 de la ville de Douala.

Cette offre de formation est bien accueillie par nombre de conducteurs de mototaxis interrogés par Le Messager à Douala. " Pour ce qui me concerne, se former à 11.000 Fcfa en vue de l'obtention du permis de conduire de catégorie A est une manne du ciel. Car, en temps normal, il faut payer au moins 100.000 Fcfa dans une auto-école pour sa formation ", lance Pierre Chouaibou, conducteur de moto taxi. Ce dernier et plusieurs de ses confrères pensent que cette formation est bienvenue. " Je crois que les gens qui allaient se faire former sur des stades à Bepanda ou à Youpwè ont là l'occasion d'être mieux formés par des professionnels de la conduite ", déclare Jules Owona, conducteur de moto-taxi titulaire d'un permis de conduire de catégorie A depuis bientôt cinq ans.

Ferdinand Sacbang Fongang, président de Grasmota, un syndicat de moto taximen, reconnaissait d'ailleurs, il y a quelques mois, que la formation est nécessaire : " Notre arme première est la sensibilisation et l'éducation. Nous avons déjà commencé par les journées camerounaises de moto-taxis (13 au 17 décembre 2006, Ndlr). Nous voulons que la sensibilisation règne. Quand on est informé, on prend facilement des précautions pour éviter certaines choses. Nous comptons également entrer dans une phase de formation. C'est essentiel dans l'activité des moto-taxis. Il faut que ces gens comprennent pourquoi ils sont considérés comme des taxis. Ils doivent prendre conscience de leur pouvoir, tout en gardant bien en tête où celui-ci commence et où il s'arrête. Nous comptons aussi montrer des exemples concrets en leur montrant comment se comporter sur la voie publique. Je pense que cela va apporter des solutions au problème. " Tel est l'avis de nombreux conducteurs de moto-taxis, même si certains ne voient pas d'un bon oeil l'initiative de réglementer l'activité.

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