Alain Bouithy
7 Mai 2007
«La sculpture rime avec création. Ce n'est pas une question de temps, il faut continuellement rénover, jouer sur des formes et des lignes».Atlas Khalid fait partie de ces rares anciens élèves de l'Ecole des Beaux-arts de Casablanca ayant choisi de faire carrière dans la sculpture.
Une discipline qui offre d'immenses opportunités de création, mais dont on parle peu au Maroc, regrette ce sculpteur aux airs rêveurs et inspirés. La terre, la pierre, le bois, le cuivre, le fer et bien d'autres matières font partie de l'univers hallucinant de ce sculpteur-céramiste. Enthousiaste, curieux, inventif, Atlas K. s'est imposé avec abnégation une rigueur dont on peut apprécier le résultat à travers des oeuvres qui témoignent de la richesse et de l'imagination débordante de ce presque quinquagénaire très inspiré. L'artiste aime à s'adonner à un exercice qu'il affection bien : dompter les objets bruts.
Les sculptures de l'artiste, qui expose jusqu'au 11 mai courant au Bastion de «Bab Marrakech» (Essaouira), sont distinctives par le style et d'un niveau artistique résolument avancé. C'est notamment le cas avec «Terre cuite traitée», une oeuvre modelée d'émotions d'où surgit une indéfinie création doublée d'une éthique du beau.
«J'ai pris la résolution de me consacrer à cette discipline qui m'a séduit après avoir découvert l'atelier de sculpture céramique de l'Ecole des Beaux-arts de Casablanca. Ce qui m'attire, c'est surtout les possibilités de création qu'elle m'offre. Avec la sculpture, je perçois le progrès, la quête de la recherche. J'ai trouvé mon compte parce que c'est un travail plus complexe qu'on le croit», se souvient-il.
Des clichés, l'artiste s'en méfie beaucoup, préférant donner libre cours à son imagination. «Je laisse mon esprit s'évader et mon imagination faire le choix des thématiques que je vais figer dans du bois, la pierre ou le fer. Généralement, je me fie aux choses de la vie quotidienne que je ressens», explique-t-il.
S'il se consacre plus à la sculpture, Atlas Khalid n'est jamais loin de sa profession d'origine : la peinture qu'il a apprise à l'Ecole des Beaux-arts de Casablanca. «Il m'arrive de me réfugier dans la peinture pour me renouveler les idées et puiser de nouvelles inspirations», confie-t-il. Mais aussi, avoue-t-il, par souci d'équilibre entre deux disciplines qu'il ne saurait définitivement abandonner.
Concernant les prix (souvent) exorbitants pratiqués dans son secteur, Khalid se justifie en ces termes : «Il s'écoule parfois deux ans avant qu'ait lieu une exposition. Pendant ce temps, on doit vivre, payer de la matière première qui coûte assez cher (notamment le fer)... En plus, on doit céder 40 % de recettes des ventes à la galerie. C'est pourquoi, on mise sur le prix pour s'en sortir. Ce serait autrement si l'Etat nous soutenait en achetant ne fut-ce que nos oeuvres. Cela dit, il ne saurait être question de perdre ma personnalité pour une salle».
Mais alors pourquoi les artistes choisissent-ils d'exposer dans des lieux qui leur coûtent des fortunes ? «Parce que certaines galeries vous épargnent bien de tracasseries (communication, affiches, vernissage, etc) et sont fréquentées par une clientèle avertie», confie-t-il.
Malgré une conjoncture difficile et une réalité souvent ignorée du grand public, la sculpture reste la discipline préférée de Khalid qui s'y attache contre vents et marées.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2007 Libération. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.