Mamadou Guèye
8 Mai 2007
L'intersyndicale de l'enseignement durcit le ton. Elle débraie aujourd'hui et observe demain 72 heures de grève. L'intersyndicale de l'enseignement a, au cours d'un point de presse, annoncé qu'elle va entamer son troisième plan d'action.
À partir d'aujourd'hui, le système éducatif sénégalais connaîtra des perturbations avec un débrayage suivi d'une assemblée générale dans tous les comités locaux. Une rencontre avec le SAES, le SNECS, l'UDPL et les centrales syndicales (dont certains leaders par leur présence au point de presse ont tenu à apporter leur soutien à l'intersyndicale) est prévue.
Demain, les enseignants de l'intersyndicale vont durcir le ton avec un arrêt des cours de 72 heures, le dépôt d'une note d'information au Bureau international du travail (BIT) et à l'IERAF. Les enseignants comptent aussi sensibiliser les partenaires de l'école, les chefs religieux et coutumiers. Du 12 au 18 mai, d'autres actions seront déroulées, notamment une campagne nationale d'affichage, de mobilisation dans toutes les écoles, un débrayage, une marche pacifique.
Cette radicalisation du mouvement s'explique, selon Mamadou Diouf porte-parole de l'intersyndicale, par « la réponse évasive du chef de l'Etat sur l'indemnité de recherche documentaire ». « Les enseignants, dit-il, ont constaté que Me Wade lors de la fête du 1er mai s'est contenté de réaffirmer les positions déjà exprimées par les ministres et parfois avec un manque de maîtrise qui révèle bien une certaine désinformation dont il fait l'objet. » « Par exemple, lorsqu'il affirme que les enseignants ont reçu 6000 parcelles viabilisées, force est de reconnaître que son ministre de l'Urbanisme ne lui a pas donné la bonne information, car ces parcelles ne sont ni disponibles, ni viabilisées », a ajouté M. Diouf. « Nous lançons un défi au gouvernement pour qu'il montre ces parcelles à la télévision nationale en compagnie des responsables de l'Intersyndicale », a poursuivi Mamadou Diouf.
Abordant la question des ponctions opérées sur les salaires de certains enseignants, les membres de l'Intersyndicale affirment que c'est une tentative d'intimidation qui ne fera que radicaliser la lutte. « Le gouvernement a opté pour les violences économiques », a lancé Mamadou Diop Castro.
De plus, ils soutiennent que le procédé est une entrave à l'exercice du droit de grève et à la liberté syndicale. Les enseignants estiment que leur mouvement constitue un problème de justice, d'équité et de démocratie. Aussi, ils appellent le gouvernement à la table de négociation.
Et Mamadou Diouf de se demander « si l'Etat met 40 % de son budget à l'Education et que personne n'est satisfait, il doit s'arrêter et regarder ce qui ne va pas ».
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