Kinshasa — «La contribution de la voix de la révolution congolaise dans la lutte de libération de l'Angola », tel est le fait historique que rappellera Simao Souindoula dans sa communication durant les travaux du 6ème Symposium international de musique africaine ( SIMA) prévu à Brazzaville du 7 au 14 juillet. Cette rencontre, signale-t-on, s'inscrira dans le cadre de l´édition 2007 du festival panafricain de musique (FESPAM). Thème retenu : « Musiques d´émancipation et mouvements de libération en Afrique et dans la diaspora ».
Le SIMA regroupera une trentaine de spécialistes qui étudieront le rôle du chant, de la musique dans la mobilisation des masses opprimées, dans différents contextes de domination coloniale ou de régimes de ségrégation raciale. Les participants étudieront l´influence des diverses expressions musicales nées au début du XXème siècle aidées, en cela, par le cumul des irréversibles conséquences des deux guerres mondiales, dans le renforcement de la cohésion sociale dans les pays africains, caribéens dans l´affirmation des identités des populations de ces régions, dans la revendication de leurs droits et dans la lutte pour leur émancipation et leur indépendance.
Le Symposium sera structuré en cinq panels au cours desquels l´on étudiera, entre autres aspects, les effets, dans les bouleversements de la situation historique des peuples opprimés, de la musique de sensibilité religieuse, humaniste ou civique ainsi que celle d´expression ouvertement politique et celle visant la construction des nouvelles consciences nationales.
Dans sa communication intitulée «La musique angolaise d´exil sur la voix de la révolution congolaise », Souindoula rappellera le fait qu´obligé de s´installer au milieu des années 60, sur la rive droite du fleuve Congo, le Mouvement populaire de libération de l´Angola (MPLA) y bénéficia d´un support stratégique majeur, la radio « La voix de la révolution congolaise ». Celle-ci avait, en effet, hérité, à la hussarde, les installations et équipements de l´ancienne puissante radio de la « France libre ».
CONNAISSANCE DES EXPRESSIONS MUSICALES
Le mouvement nationaliste, dont l´un des représentants à Brazzaville fut José Eduardo Dos Santos, y anima durant plus d´une dizaine d´années son vital et inusable programme «Angola combattante». Cette émission devait atteindre, par la musique, deux de ses principaux objectifs, sensibilisation sociale et de mobilisation politique. Et le MPLA s´y attela par la programmation exclusive depuis «la colline inspirée» de chansons d´exil, en langues nationales, essentiellement tirées du répertoire du groupe Nzaji, (la foudre, dans les langues bantu) qui exaltaient, entres autres valeurs et attitudes, le patriotisme et le courage, le sentiment d´unité nationale
Dans cette étude, l´expert angolais transcrira, traduira et tirera la substance des textes de chansons telles que « Kaputo », « MPLA Invuluzi » et les grands « blues » de l´ensemble jupitérien, etc. Pour ce faire, Simao Souindoula indiquera que ses résultats constitueront une contribution utile pour une meilleure connaissance des expressions musicales de l´histoire contemporaine du continent noir et de sa diaspora outre-Atlantique qui ont influencé la conduite libératrice des peuples noirs, parmi lesquelles, la rumba congolaise, la samba brésilienne, le high life ghanéen, le manding du Mali

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