Fraternité Matin (Abidjan)
Coulibaly Souleymane
14 Mai 2007
Abidjan — Pari gagné pour Gadji Celi St Joseph et l'Union nationale des artistes de Côte d'Ivoire (UNARTCI) qui ont réussi de fort belle manière le lancement de la caravane "sillons de la paix".
Le samedi dernier, devant un nombreux public composé d'autorités politiques et administratives, de chefs traditionnels et religieux, mais aussi d'une importante frange de jeunes qui ont fait le plein de la salle de conférences de la Fondation FHB.
Louisette Cadic, présidente du comité d'organisation, a expliqué que "si la paix est une culture, tout le pays se doit de la cultiver". Abondant dans le même sens, le président de l'UNARTCI, Gadji Celi, a expliqué les raisons de l'engagement des artistes. "Là où il y a eu déchirure, meurtrissure là où la vie semble dénudée, il a toujours fallu l'apport des arts et de la culture pour concilier, réconcilier toutes les communautés afin de taire les antagonismes". Pour le président de l'UNARTCI, les artistes, par cet acte, veulent amener les Ivoiriens à la concorde, à l'entente et à rétablir entre eux le pont de la fraternité afin qu'ils tournent définitivement la page sombre que le pays a connue. Sans round d'observation, le spectacle commence. Acte 1 à la fondation. C'est Ismaël Isaac qui ouvre le bal sur les chapeaux de roue avec son titre "Indépendance", suit Bailly Spinto dans un a cappella, avant d'enchaîner avec le morceau a succès "Anouhoumé". C'est le délire dans la salle. Le village KIYI de Wêrê Wêrê Liking avec un art consommé présente une chorégraphie bien rythmée : une fusion de danses de plusieurs régions (Nord, Est, Ouest, Centre, Sud). Avec les Sakoloh, le public reprend en choeur le refrain "Nous voulons la paix, nous voulons l'unité, désarmons nos esprits ". L'entrée en scène du duo Allah Thérèse et N'Goran La Loi fait monter le mercure d'un cran. Malgré le poids des ans, la voix de la chanteuse n'a pas pris une seule "ride", la dextérité de son compagnon à l'accordéon est aussi demeurée intacte. Le poème déclamé par le quatuor des "poètes de la paix" fait place à la séquence humoristique. Les comédiens Guei Vêh et Jimmy Danger, Décoteh, Tao et Zongo arrachent de fous rires à l'assistance. Myriam Fatim, la tigresse Sidonie et enfin une soixantaine d'enfants chantant l'hymne de la paix ont bouclé cette première partie des prestations aux environs de 22 heures 15.
Acte 2. La place du château, au quartier Habitat est noire de monde pour un spectacle en plein air. Le long intermède n'a en rien altéré la volonté du public de communier avec les artistes. Il est 2 heures du matin quand Béatrice Gnoupalé monte sur scène. DJ Caloudji, les Galliets, Poignon de zougloumania, Allan Bill, la Dream team, Kandice, Paul Madis, Fozen Ken ont tiré leur épingle du jeu en dépit d'une sonorisation qui se fait de plus en plus capricieuse. Le concert se poursuit avec une vingtaine d'artistes jusqu'à 7 heures. Une heure avant, le public avait commencé, par petits groupes, à se retirer. En attendant d'"attaquer", dans quelques jours, les 18 autres régions du pays, le président de l'UNARTCI s'est dit satisfait de l'adhésion de la population à la dynamique de réconciliation et de paix lancée par sa structure.
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