C.g
15 Mai 2007
Le dernier numéro de la revue Santé-Sécurité-Travail, éditée par l'Institut de santé et de sécurité au travail (ISST), a consacré un important dossier aux relations entre les atteintes rénales et le travail.
On apprend notamment, à travers les différents articles écrits par les spécialistes de l'Institut et d'autres médecins, que le rein est un organe qui assume plusieurs missions délicates dont les plus connues sont la capacité d'épuration du sang et "de production" de l'urine.
Une telle activité implique la filtration du sang, la formation, le stockage et l'exécution de l'urine. Aussi, le rein maintient l'homéostasie dans le contrôle de l'équilibre hydrique, acido-basique et de la pression artérielle. Cette activité est étroitement liée au processus de production de l'urine. Les fonctions endocrines du rein consistent en la production d'hormones qui participent, entre autres, au contrôle du bilan phosphocalcique, à l'équilibre du sodium et de la pression artérielle ainsi qu'à la production des globules rouges.
Autant dire qu'il faut bien ménager les reins en ayant une hygiène de vie adéquate. Car selon les spécialistes de l'Institut, "le rein est particulièrement exposé aux toxiques du fait de ses fonctions d'excrétion et de concentration de xénobiotiques (médicaments, mycotoxines, toxiques industriels ou environnementaux)." Ils préviennent les travailleurs que "les substances néphrotoxiques induisent, de manière directe ou indirecte, des altérations fonctionnelles ou structurales du rein. Les lésions rénales induites peuvent être transitoires ou permanentes". On parle même "d'agression toxique" qui peut être aiguë ou subaiguë. Celle-ci se traduit par des manifestations cliniques patentes ou bruyantes qui amènent le patient à consulter un médecin. Le pire, c'est d'ignorer les atteintes rénales dites discrètes évoluant à bas bruit vers la chronicité. C'est dans ce cas que le problème du dépistage se pose.
Les reins ont une capacité d'adaptation et peuvent maintenir une fonction correcte pendant longtemps, même si plusieurs maladies peuvent être à l'origine d'une atteinte rénale chronique. Il faut attendre que la plus grande partie de l'organe soit lésée pour constater que le fonctionnement se détériore, entraînant, on le devine, des manifestations cliniques qui attirent l'attention. "Il est alors trop tard, d'une part, pour intervenir sur le cours de l'insuffisance rénale et, d'autre part, pour pouvoir retrouver la trace d'origine de l'insuffisance rénale", expliquent les spécialistes.
Par contre, il est très difficile, en pathologie professionnelle, d'imputer le développement d'une néphropathie chronique à une exposition toxique. D'ailleurs, les chiffres sont édifiants dans ce sens, puisque moins de 2% des cas d'insuffisances rénales dépassées seraient d'origine professionnelle. Un tel constat ne devrait pas, cependant, rassurer outre mesure les travailleurs qui ont toujours intérêt à faire preuve de vigilance. Il s'est avéré, en effet, que certains agents chimiques absorbés dans l'organisme, quelle que soit la voie de pénétration, peuvent induire, directement ou indirectement, des altérations fonctionnelles ou structurales du rein. Sans trop s'attarder sur les détails scientifiques du rein, signalons tout simplement que les maladies du glomérule (les glomérulonéphrites) ont plusieurs causes qui peuvent être infectieuses, auto-immunes, inflammatoires ou même toxiques. Il y a aussi les lésions tubulo-interstitielles, les néphrites infectieuses...
Reste que la majorité des expositions professionnelles à des substances toxiques au rein concernent de faibles doses et passent inaperçues. D'où l'importance de la surveillance de la présence de substances toxiques sur le lieu de travail, même si elle ne peut pas être rassurante. Mais la détection des atteintes rénales à leurs débuts est capitale. Une telle détection se base sur le dosage de substances précocement libérées lors de la néphropathie.
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