D.b.s.
16 Mai 2007
Sauvegarder intacte la santé mentale : une priorité sociale et économique
«Santé mentale et conditions de travail: connaissances, recherches et actions», tel est le thème sur lequel ont planché les 8es assises internationales en santé et sécurité au travail qu'organise l'institut de santé et sécurité au travail, et ce, sous la houlette du ministère des Affaires sociales, de la Solidarité et des Tunisiens à l'étranger, et en collaboration avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Bureau international du travail et l'Institut national de recherche et de sécurité français (Inrs).
Ce séminaire international , dont les travaux se déroulent à Tunis les 15, 16 et 17 du mois, se veut être une occasion pour les experts en matière de santé et de sécurité au travail d'échanger les points de vue sur un thème d'actualité, à savoir l'impact des conditions de travail sur l'apparition des pathologies mentales.
M. Mohamed Ibrahim Abderrahim, représentant de l'OMS, a noté que les ouvriers représentent la moitié de la population mondiale. L'importance de cette catégorie est à la fois sociale et économique. L'OMS a mis un plan de programmes nationaux qualitatifs axés sur les secteurs à fort pourcentage de risques. M. Abderrahim insiste sur l'importance de trouver les solutions appropriées aux problèmes de santé mentales afin de protéger à la fois l'employé et la productivité.
De son côté, M. David Gold, représentant du Bureau international du travail, a qualifié la préservation de la santé mentale dans le domaine de travail de défi. « En fait, le monde enregistre, chaque année 2,2 millions de morts causées par le travail, dont le quart est lié à des problèmes d'ordre psychosocial», indique le responsable. Et d'ajouter : «Il s'agit d'un véritable cercle vicieux, fondé sur la marginalisation et la discrimination, d'où la nécessité de conjuguer les efforts pour le rompre par le biais de moyens tels que la formation et l'éducation».
La morbidité et les maladies psychosociologiques sont au coeur des problèmes de santé liés au travail. La Tunisie a mis en place trois système complémentaires jugés efficaces.
On note : un système de prévention des risques professionnels englobant les structures de prévention, de conseil et de réparation; un système de santé publique basé essentiellement sur les programmes nationaux et un système de formation de compétence.
Focalisant son intérêt sur la psychodynamique du travail, M. Walid Loukil, professeur en psychologie du travail et en ergonomie, a expliqué l'utilité des stratégies défensives dans l'acception du travail. «Dans le travail, il y a la dualité de la souffrance et du plaisir. La psychodynamique du travail est le fait de transférer la souffrance sur le plaisir», indique M. Loukil.
La déception causée par les conditions réelles du travail pousse l'individu à développer une carapace pour empêcher la pathologie de se développer. Les stratégies défensives permettent la limitation des contraintes du travail et leurs effets sur la santé psychique. C'est une manière de s'adapter au travail.
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