Infos Plus Gabon (Libreville)
25 Mai 2007
Libreville — Le président Omar Bongo Ondimba a été reçu à l'Elysée vendredi après- midi par son homologue Nicolas Sarkozy après que ce dernier eut accueilli la veille, la présidente du Libéria, Ellen Johnson, premier chef d'Etat étranger a être reçu en France après la prise de fonction de M. Sarkozy, élu le 6 mais.
Le séjour de M. Bongo Ondimba en France est le premier également depuis l'élection à l'Elysée de l'ancien ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy qui avait promis de construire une « relations nouvelle » avec l'Afrique, soulignait vendredi la presse gabonaise.
Résolu à s'engager dans cette voie, le chef de l'Etat français a souhaité dans un récent massage de félicitation adressé au numéro un français « d'un partenariat équitable et renouvelé, propice à nos relations bilatérales d'Etat et pour une parfaite compréhension entre les peuples gabonais et français ».
Nicolas Sarkozy n'en est pas à son premier faux pas, rapporte Survie. « Peu après ses déclarations faites au Bénin en mai 2006, le candidat Sarkozy avouait au journal Jeune Afrique [1] ses liens d'amitié avec quelques présidents africains parmi lesquels deux dictateurs notoires, Omar Bongo et le Congolais Denis Sassou Nguesso. Si le candidat affirmait alors qu'il n'avait pas l'intention de mélanger amitié personnelle et amitié officielle, les partisans d'une politique de la France en Afrique responsable et transparente [2], en mars dernier, s'étaient indignés de voir Omar Bongo recevoir Nicolas Sarkozy dans son somptueux hôtel particulier du 16ème arrondissement de Paris en pleine campagne électorale ».
Le président gabonais a été également une des premières personnalités à recevoir un appel téléphonique de Nicolas Sarkozy le soir de la proclamation des résultats du deuxième tour de l'élection présidentielle. Un coup de fil dont Omar Bongo s'est vanté quelques jours plus tard à l'antenne de RFI, évoquant un appel de « remerciement » tout en restant évasif sur le type de soutien apporté au candidat de l'UMP qui aurait rendu celui-ci redevable vis-à-vis du « sage gabonais ». Un comble pour un candidat qui a déclaré en 2006 que la France n'avait (économiquement) « pas besoin de l'Afrique ».
La « Françafrique » dont Omar Bongo (intronisé en 1967 par Jacques Foccart, l'homme de l'ombre du Général De Gaulle) est une des figures de proue et qui a connu de si belles heures sous les règnes des présidents français successifs vient-elle de trouver son nouveau guide en la personne de Nicolas Sarkozy ? Si l'on se fie aux liens d'amitié de ce dernier avec les présidents gabonais et congolais (et d'autres...) mais aussi avec certains chefs d'entreprises ayant des intérêts considérables en Afrique (Bouygues, Bolloré) on peut difficilement être rassuré sur ce point, rapporte vendredi Survie.
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