Hilaire Kayembe
29 Mai 2007
Kinshasa — La Cour militaire du Katanga se trouve présentement en chambre foraine à Kilwa. Dans le cadre de l'instruction sur les crimes dont sont accusés les militaires des FARDC, elle a entrepris la collecte des témoignages.
Vendredi, c'était dans la salle paroissiale de Kilwa que les témoignages ont été recueillis. Samedi, la cour est descendue à Sensele, à 3 kilomètres de Kilwa. Objectif : établir un constat sur l'exécution sommaire des civils mise à charge du colonel Adémar Ilunga, ancien commandant de la 62ème brigade des FARDC et à ses éléments.
Depuis le vendredi 25 mai dernier, les audiences consacrées à l'instruction du procès Kilwa ont repris en chambre foraine sur le lieu du drame, rapporte la radio Okapi. Après l'audition des témoins le vendredi 25 mai à Kilwa, la cour s'est transportée le samedi 26 mai à Sensele, un village situé à 3 km de Kilwa et se trouvant sur la route qui mène vers l'entreprise Anvil Mining citée à titre de complicité avec les FARDC pour avoir facilité la mobilité des éléments incriminés en leur octroyant des moyens de déplacement.
Selon la source, à l'arrivée de la cour dans ce village, le chef du village, Mme Emery Tshomba, s'est avancée vers les membres de la cour et s'est présentée. Presque au même moment, l'audience s'est ouverte. Quelques témoins ont été auditionnés, dont le chef du village. La cour devrait recueillir particulièrement son témoignage sur les exécutions sommaires qui auraient été perpétrées dans ce village en 2004.
S'adressant aux membres de la cour, le chef du village a déclaré qu'il n'y avait pas eu d'exécutions sommaires dans sa juridiction. Elle a néanmoins reconnu que deux personnes de son village avaient été abattues. Paradoxalement, elle a aussi précisé que plusieurs corps avaient été jetés dans des trous à côté de la route en face des huttes de son village. Et de préciser : « Ces cadavres avaient été enterrés par des éléments de la Croix-Rouge ».
En plus de ce témoignage du chef du village, l'AFP qui cite une source militaire signale que la cour a auditionné 24 autres personnes du terroir. Ces personnes entendues sont principalement des villageois victimes ou témoins de répression représentés par les personnes qui se sont constituées parties civiles au procès. En rapport avec ce procès commencé le 12 décembre 2006, neuf militaires des Forces armées de RDC (FARDC) sont impliqués et jugés pour «crimes de guerre», pour le massacre en octobre 2004 de plusieurs dizaines de civils lors de la répression d'une insurrection dans la cité minière de Kilwa, à 300 km au nord de Lubumbashi.
Trois employés de la compagnie canadienne Anvil Mining, qui exploite un gisement de cuivre dans la région de Kilwa, sont également poursuivis dans cette affaire. Ils sont accusés d'avoir «facilité» la commission de ces crimes «en omettant volontairement de retirer les véhicules mis à la disposition» des FARDC dans le cadre de la répression.
UN DEFOULEMENT COLLECTIF
La description de ces violences (exécutions sommaires, pillages, arrestations arbitraires) a suscité à plusieurs reprises des applaudissements d'habitants venus soutenir les victimes, dans la salle et à l'extérieur - où des haut-parleurs retransmettaient les débats -, ont indiqué des avocats à l'AFP. Une sorte de défoulement collectif pour soigner les traumatismes vécus, diraient des psychologues. Ces audiences dans une ambiance bon enfant doivent se poursuivre pendant une semaine à Kilwa.
Les avocats des parties civiles, qui représentent 122 familles de victimes, ont cité à comparaître une quarantaine de témoins dans cette affaire, dont Augustin Katumba Mwanke, ancien membre du conseil d'administration d'Anvil et proche du président de la RDC, Joseph Kabila, ainsi qu'Urbain Kisula Ngoy, ancien gouverneur du Katanga..
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2007 Le Potentiel. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.