Port Louis — Vishnu Lutchmeenaraidoo estime que la décision d'accorder une compensation de 8,7 % à ceux touchant jusqu'à Rs 3 000 est un non-sens. «Cette mesure vise un segment qui n'existe pas. Il n'y a pratiquement pas de salariés à Maurice qui touchent un salaire mensuel de Rs 3 000 ou moins». Il avance que le seuil minimal aurait dû être Rs 5 600, un chiffre qui reflète le salaire minimal.
L'intervenant trouve aussi inadéquat le taux de 8,7 %. Et d'expliquer qu'il fallait accorder une compensation intégrale, soit l'équivalent du taux d'inflation (10,5 %). «C'est la première fois depuis 1982 que les travailleurs obtiennent une compensation inférieure au taux d'inflation.»
Vishnu Lutchmeenaraidoo conteste l'argument portant sur la capacité de payer des entreprises. Il estime que le secteur privé dans sa grande majorité a les moyens d'accorder une augmentation de salaires. Il avance également que les entreprises d'exportation ont beaucoup bénéficié de la dépréciation de la roupie (une somme de Rs 10,5 milliards, selon lui, durant l'année financière).
Le porte-parole économique du MMM tient le gouvernement responsable de la flambée des prix avec l'abolition des subsides sur le riz et la farine et une politique de «dépréciation programmée» de la roupie. «Le gouvernement joue avec le feu. Le pays est au bord d'une explosion sociale surtout avec le pouvoir d'achat qui diminue. La compensation salariale est le prix à payer pour la paix sociale.»
L'ancien grand argentier a aussi commenté les rapports entre le gouvernement et le Joint Economic Council. «Ces tensions sont un raccourci pour le désastre», soutient Vishnu Lutchmeenaraidoo.

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