Port Louis —
Relations gouvernement-secteur privé, centrale à charbon, Chagos et Tromelin, autant de questions que Paul Bérenger, leader du Mouvement militant mauricien, a traité lors de sa conférence de presse.Bérenger juge "insuffisante" la compensation salariale.
Paul Bérenger, le leader du Mouvement militant mauricien, est revenu sur les relations gouvernement-secteur privé, la compensation salariale, le projet de centrale à charbon à Pointe-aux-Caves et les dossiers Chagos et Tromelin. Il animait samedi sa conférence de presse hebdomadaire.
Pour la centrale à charbon CT Power du promoteur malais, Paul Bérenger a affirmé : "Le gouvernement est ébranlé par mes révélations sur ce scandale du siècle et s'il finalise ce projet, j'irai de l'avant avec un police case mais ce ne sera pas sous le gouvernement de Navin Ramgoolam."
Il a dit déplorer certaines "faussetés" dans le langage d'Abu Kasenally, ministre des Services publics qui, a-t-il dit, "fait croire que rien n'a été décidé" alors que des négociations ont déjà commencé. Les consultants Deloitte-Touche-Tohmatsu, approchés par le Central Electricity Board (CEB), a assuré Bérenger, lui ont recommandé un minimum de 26 % d'actions (equity holding) pour bénéficier d'une blocking minority. Or, que le ministre parle de "presque 20 %" (dans son interview à l'express le samedi 26 mai), est jugé "honteux" par Bérenger qui estime cependant qu'il n'est "pas trop tard pour prendre le droit chemin".
Concernant les relations gouvernement-secteur privé, Paul Bérenger a dit qu'il est temps, d'arrêter cette "scène de ménage qui fait beaucoup de mal au pays". Il a rappelé "l'appui indécent" du Joint Economic Council au budget de Rama Sithanen. "Ils avaient pleuré avec indécence et publiquement lorsque Sithanen avait fait part de son intention de démissionner."
Pour ce qui est de la compensation salariale, Paul Bérenger est catégorique : "C'est inacceptable et très insuffisant et je dénonce l'arrogance de la Mauritius Employers Federation qui a insulté l'intelligence de la population en disant avoir doublé la compensation sans mentionner que le taux d'inflation a doublé." Il a aussi dénoncé Yusuf Sooklall, un des cinq représentants des travailleurs, qui "s'est mis d'accord avec la bouffonnerie" du National Pay Council.
Paul Bérenger se dit d'avis que le ministre du Travail, Vasant Bunwaree, fait tout pour affaiblir les syndicats, en insistant qu'il y a moins de 10 % de syndiqués dans le pays et en s'attaquant au time-off des syndicalistes.
Tromelin intégrée
En revanche, Paul Bérenger s'est dit très heureux que Rama Sithanen ait repris les idées qu'il avait énoncées au Parlement le 8 mai, à propos des conditions de survie de l'industrie sucrière. Il a souligné sa "révolte" quand il entend que les sucriers, "se zis ban gran blan alors que ce sont aussi les laboureurs et les artisans".
Il a félicité le courage et la persévérance de la communauté chagossienne et d'Olivier Bancoult qui ont mené au jugement "véritablement historique" du 23 mai. Il a dit que Maurice devrait approcher le gouvernement britannique - dès le départ de Tony Blair - et lui demander de reconnaître notre souveraineté et de rendre toutes ces îles, sauf Diego Garcia, sur laquelle il "agree to disagree".
Il se propose d'instituer un comité pour étudier les impacts de ce jugement qui a annulé les deux Orders in Council qui empêchaient les Chagossiens de revenir sur leur île. Ce comité, présidé par lui-même, sera composé d'Ivan Collendavelloo, Alan Ganoo, Veda Baloomoody et Vijay Makhan. Il a invité d'autres légistes à se joindre à eux.
Quant à Tromelin, Bérenger a souligné que la France a fait passer une loi, le 21 février 2007, qui a intégré Tromelin et les îles éparses sans aucune consultation avec Maurice. "C'est très grave et je pense que l'île Maurice aurait dû avoir protesté le plus tôt possible après le 21 février. Je doute que Navin Ramgoolam l'ait déjà fait comme il l'a laissé entendre jeudi. Si c'est le cas, la lettre de protestation devrait être rendue public dans l'intérêt des Mauriciens."
Il fait savoir qu'il prépare une conférence publique sur les dépendances de Maurice depuis 1814. "Parce que j'ai découvert des documents et des faits fondamentaux qui renforcent considérablement notre droit de souveraineté."

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