L'Express (Port Louis)

Ile Maurice: La croissance avant tout

Port Louis — L'activité économique repart, mais les finances de l'État sont toujours dans le rouge. Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, a indiqué samedi dernier que les effets de la croissance économique n'ont toujours pas eu d'incidences positives notables sur les caisses publiques. L'économie se doit au plus vite de dégager un "tax buoyancy" qui permettrait au système fiscal de se prendre en charge.

La solution la plus saine et efficace contre un déficit budgétaire et une dette publique élevée demeure une croissance économique forte et durable. Plus l'activité est dynamique, plus les entreprises et les ménages s'enrichissent et plus elles contribuent à l'État.

Une meilleure rentrée d'argent dans les caisses réduit la pression sur le gouvernement pour emprunter. La dette publique pourrait diminuer en termes réel mais aussi en pourcentage du produit intérieur brut face à l'élargissement des revenus nationaux.

Il faut agir prioritairement sur la capacité des industries à bâtir la richesse. Les différents pôles d'activité devront être suffisamment robustes et résistants aux chocs pour créer de la valeur de manière durable à la fois à leurs promoteurs et propriétaires, à leurs employés, à leurs créanciers, à leurs fournisseurs de biens et de services aussi bien qu'à l'État.

Il est essentiel que les bienfaits de la croissance rejaillissent sur l'ensemble des couches sociales de la population. Les gens doivent voir une amélioration sensible dans leur pouvoir d'achat pour vaincre leur mauvaise humeur en ces temps de forte inflation.

Ce n'est surtout pas le moment pour le gouvernement de venir toucher à leurs bourses. Pour l'instant, c'est la consommation qui est le principal moteur de croissance. L'élargissement de l'assiette de la taxe à valeur ajoutée comme suggérée une fois encore par le Fonds monétaire international (FMI) ne semble pas être la bonne solution vue les circonstances. Freiner la consommation voudrait dire mettre en péril une croissance qui commence à peine à retrouver ses marques. La taxe tue la taxe, dit-on.

Pourtant, le ministre des Finances a un gros problème. Le déficit budgétaire reste toujours élevé alors que la dette s'alourdit. Compter uniquement sur la croissance pour remettre les caisses publiques sur les rails ne suffit pas. Rama Sithanen a un compromis difficile à faire.

L'option la moins pénible est une meilleure collecte de la taxe. La modernisation du fisc se poursuit. Mais le gouvernement doit surtout réitérer son engagement à contenir les dépenses. La discipline fiscale doit rester une condition essentielle à tous les niveaux de l'administration publique dans le but de réduire le déséquilibre budgétaire.

Une activité économique revigorée doit certainement profiter à la santé financière de l'État. Mais il ne faut surtout pas que des ministères et organismes parapublics mal gérés ou encore des projets mal conçus viennent neutraliser les éventuelles retombées positives de la croissance sur les comptes du gouvernement.

La réforme des organismes parapublics que compte démarrer bientôt les autorités a deux objectifs principaux : promouvoir une bonne utilisation de l'argent des contribuables et améliorer l'efficacité des services publics dans l'accompagnement du développement économique et social du pays.

Un autre cycle vertueux.


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